La celle Grandmontaine de Corquoy (18)

Moins médiatisé que le monde cistercien, l'ordre de Grandmont a possédé quelques celles en Berry dont la plus spectaculaire et mieux conservée se trouve dans la vallée du Cher, sur la rive gauche, à quelques kilomètres au nord de Châteauneuf-sur-Cher. L'ordre de Grandmont, dans ses aspirations très proche de Cîteaux, établit ses prieurés en campagne, et se met sous la protection de la féodalité locale, qui constitue l'essentiel de son temporel par des donations charitables. On connait la charte de fondation du prieuré de Fontguédon, près de Thaumiers, rédigée par Mathilde de Charenton, épouse de Renaud de Montfaucon et dernière héritière de la grande seigneurie de Charenton, qui donne en 1250 aux grandmontains des terres au cœur de ses domaines pour y fixer un couvent. Plus ancienne et beaucoup mieux conservée, la celle de Corquoy, près de Châteauneuf, trahit par la qualité de sa réalisation la richesse de ses fondateurs, inconnus à ce jour, mais probablement à rechercher parmi les seigneurs de Châteauroux ou d'Issoudun, solidement établis dans le périmètre de Châteauneuf au début du XIIIe siècle. Quelques pièces d'archives permettent de connaître de menus détails sur son existence. En 1214, son prieur Ademard traite avec Noirlac au sujet du partage du petit ruisseau de Rousson, certainement limite de leurs possessions respectives. En 1221 et 1227, le correcteur et les frères de Grandmont doivent composer avec les cisterciens de l'abbaye de la Prée à propos de droits sur Châteauneuf. Un dernier acte de 1322 rappelle un échange de terres entre le seigneur de Culan et Châteauneuf et les grandmontains de Corquoy sans plus de détails sur la question. Ces lignes inciteront peut-être certains lecteurs à prendre une carte topographique et à aller visiter les ruines de la celle de Corquoy, objet d'une mesure de protection par une association locale.


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