Une dalle funéraire inédite au prieuré de Fontguedon (18)
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Il y a plusieurs années, une visite de l’ancienne celle grandmontaine de Fontguedon, non loin des villages de Thaumiers et du Pondy, dans le sud du Cher m’avait permis d’écrire sur ce blog quelques lignes pour décrire cet ancien monastère, peu connu du public, transformé depuis longtemps en bâtiment agricole.
Dernièrement, en recherchant un dernier détail pour ma thèse, j’ai eu la surprise, en ouvrant une ancienne archive privée désormais propriété des Archives départementales du Cher, de découvrir l’existence d’une dalle funéraire, inédite, à ma connaissance qui, même si elle échappe au cadre chronologique de ce blog, mérite toute notre attention.
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En avril 1765, deux notaires royaux, l’un de la ville d’Ainay-le-Château et l’autre du bourg de Bannegon, se rendirent à Fontguedon à la demande et en compagnie d’un noble local, le marquis de La Porte - Yssertieux, à la recherche d’une pierre tombale portant des armoiries.
Arrivés sur place, ils constatent que l’ancien monastère et prieuré est totalement en ruine « n’y subsistant que le bâtiment de l’église ».
Entrés dans l’église presque pleine de blé et de paille, les visiteurs constatent l’existence, au pied maître-autel, d’une ancienne tombe mesurant, rapporté en système métrique, 2,18 X 1,32 m. Une fois nettoyée, la pierre révéla, gravée en lettres gothiques, l’inscription suivante: « Cy gist Isabeau de Charenton dame de la Forest et Jean de la Porte, son fils ». L’épitaphe n’a pas été relevée dans sa totalité, en particulier les dates de décès des deux gisants. Par contre, deux croquis minutieux, illustrant les deux procès-verbaux, nous donnent la possibilité d’évaluer l’ancienneté de ce tombeau.
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Sont représentés une femme, vêtue comme une religieuse, les mains jointes en position de prière et un jeune homme, priant lui aussi, portant une tenue qui semble faite d’écailles métal, un bonnet et une courte épée à lame courbe. Plusieurs blasons complètent la gravure. Un avis éclairé serait le bienvenu pour évaluer l’époque à laquelle cette dalle a été gravée, bien après la période médiévale.
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Cette pièce d’archive intéresse directement l’histoire locale, en révélant que Fontguédon est à l’abandon en 1765, et que ce qui reste de la priorale sert de grange.
On peut s’interroger sur ce qu’est devenu cette plate-tombe. Serait-elle encore en place? En théorie, c’est possible, mais une visite du site montre que le chevet de l’église a été démoli, ainsi que l’autel. Si la pierre n’a pas été déplacée, elle est certainement recouverte par des aménagements récents. Même si les chances de la retrouver sont très faibles, une nouvelle inspection du bâti et une rencontre avec l’actuel propriétaire pourraient avoir un sens.
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© Olivier Trotignon 2026