La prise de Saint-Amand (18) par le roi Louis XI - mai 1465

Publié le par Olivier Trotignon

Voici un épisode, rarement évoqué localement, d’un conflit connu sous le terme de Ligue du Bien Public - d’autres parlent de Guerre du Bien Public: la prise de Saint-Amand, dite Laillier et du château de Montrond par les troupes du roi de France au printemps 1465.

Le royaume connaît à ce moment une situation politique troublée. Des grands princes, dont les ducs de Berry et de Bourbon, contestent la souveraineté de Louis XI. Une partie de nos régions, tant en Berry qu’en Bourbonnais, échappent à l’autorité royale: Montluçon, est une des villes sur lesquelles s’appuie la sédition. D’autres places plus modestes, Hérisson, Saint-Pourçain ou Saint-Amand accueillent des garnisons fidèles aux princes conjurés.

Une lettre* rédigée par Louis XI, partie de Montluçon vers le 15 mai, donne des détails précis sur les évènements récents qui ont bouleversé depuis quelques jours la vallée du Cher.

Saint-Amand, ville enclose de fortes murailles, dont il reste encore aujoud’hui quelques pans, était défendue par une garnison bourbonnaise d’au moins 120 combattants. Le château de Montrond n’est pas cité, mais on se doute qu’il était lui aussi en état de résister à une attaque. L’armée royale se prépare à assiéger cette cité.

Alors qu’il traverse le Berry, Louis XI apprend que le plus gros de la garnison saint-amandoise a quitté la ville pour aller au devant de Bourges, dont la population semble soutenir le parti du roi. Celui-ci décide un changement de stratégie: seule son avant-garde, sans artillerie, prend la route de Saint-Amand, le gros de l’armée se dirigeant vers Montluçon.

Saint-Amand n’est plus défendue que par quelques dizaines de soldats. L’assaut est donné et la ville prise. Ses derniers défenseurs, une vingtaine d’hommes, se replient à Montrond, que le roi qualifie d’une des plus fortes places « de tout le pays d’environ », mais qui ne résiste que peu. Le lendemain, la forteresse se rend. La troupe royale s’approprie les chevaux et les bagages des Bourbonnais.

Montluçon, mieux armée et défendue, se soumet au bout d’un jour et une nuit, sans doute sous la menace de l’artillerie du souverain. Louis XI gracie ses défenseurs, qui échappent à un probable massacre.

Il reste un point que je n’arrive pas à éclaircir: plusieurs sources littéraires font état de l’usage de canons lors de l’attaque et la prise de la forteresse d’Hérisson, dans la même campagne-éclair, mais je ne trouve aucune mention de cet évènement dans les écrits de cette fin du Moyen-Âge. Tradition orale? Extrapolation d’érudits peu regardants sur la qualité des sources?

Si l’une ou l’un de mes lecteurs avait une référence à me conseiller, je lui en serais reconnaissant.

 

* Joseph Vaesen, Lettres de Louis XI, roi de France, tome II, Paris 1885

 

© Olivier Trotignon 2026

 

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Publié dans histoire locale

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S
Je ne puis hélas vous aider, mais apprends par votre article cet évènement qui m'avait jusque là échappé. Je croyais jusqu'ici que cette période avait été plus calme.
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O
C'est une période que je connais assez mal, mais qui a le mérite de fournir des textes narratifs assez précis, qui manquent beaucoup pour l'époque sur laquelle je travaille d'habitude.