Juifs en Berry au Moyen-âge

Primitivement destinées à alimenter la refonte de la Gallia Judaica, et sans aucune nouvelle des auteurs de cette initiative, il peut être intéressant pour les lecteurs de connaître quelques sources sur la présence de communautés juives dans plusieurs grandes villes de la région. Les références bibliographiques sont disponibles sur simple demande. La plus ancienne mention date de 1184. Isaac Uradis, juif de Bourges, se fait confisquer sa maison par Philippe Auguste, qui l’offre à son maréchal, Matheus de Bituric. En 1280, la dame de Vierzon réclame un juif arrêté par les gens du roi, car le prisonnier n’a pas été pris en flagrant délit. Sensiblement à la même époque, le prieur de Saint-Benoît-du-Sault veut expulser les juifs du Sault mais le vicomte de Brosse s’y refuse. En 1294, c’est au tour des juifs de Nevers d’être expulsés par Philippe le Bel. Enfin, en 1323, c’est Perrin de La Queux, gardien des prisons royales de Bourges qui laisse échapper, moyennant finances, des “juifs et autres malfaiteurs des prisons de Bourges”. Deux tendances se distinguent dans ce court échantillon: la brutalité royale à l’égard des israélites, et la protection seigneuriale dont ceux-ci bénéficient dans les villes où l’influence du souverain est faible. Souvent utiles pour la gestion des domaines seigneuriaux, les juifs placés au service des grandes maisons féodales sont protégés par le statut que leurs confère l’importance de leurs fonctions de prêteurs ou de changeurs. Le roi de France, disposant de revenus qui lui permettent d’entretenir des services fiscaux et comptables encore rudimentaires mais suffisants pour subvenir aux besoins courants du palais et du domaine royal n’a aucun intérêt à la présence de juifs dans son royaume et évolue dans un univers mental qui fait des adeptes de la première religion du Livre des déicides. Les persécuter s’inscrit dans une logique de croisade permanente.
© Olivier Trotignon 2008
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