Le prieuré bénédictin de Drevant (18)

J'ai choisi d'inaugurer cette recherche consacrée au Berry médiéval par le prieuré de Drevant. Les alentours de ce site roman ont été l'objet d'une campagne de fouilles de sauvetage en 1974 sous la direction de Jacques Gourverst, alors conservateur des musées de Châteaumeillant et de la Châtre. C'est dans ce lieu que j'ai expérimenté pour la première fois l'archéologie de terrain. Le prieuré de Drevant est étroitement lié, comme beaucoup d'édifices religieux de la vallée du Cher, à la présence de la seigneurie de Charenton dont le premier seigneur connu, Ebe, en qualité de seigneur de Saint-Amand, donne au milieu du XIe siècle la terre qui a servi à la construction de l'édifice aux moines du Moûtier-d'Ahun, dans l'actuel département de la Creuse. La pauvreté du tissus abbatial local explique que le chevalier de Charenton ait choisi une abbaye aussi éloignée pour effectuer sa donation. Il est en plus fort probable que la langue parlée dans l'espace frontalier entre le Berry et le la Marche ait favorisé un tropisme méridional. Les bénédictins marchois ont entrepris la construction sur des fondations gallo-romaines d'un prieuré dont la façade est aujourd'hui classée Monument historique. Autour de l'édifice s'est développée une nécropole accueillant sarcophages et sépultures en pleine terre. Le prieuré de Drevant est indissociable du château de Drevant, édifié dans les restes de l'amphithéatre gallo-romain, dont la chapelle était encore visible sous Henri IV. Les fondations du donjon ont été démolies lors des fouilles du site au XIXe sicle et de nos jours, seul le puits dans l'esplanade de l'arène conserve le souvenir de cette forteresse établie par les seigneurs de Charenton. Le prieuré de Drevant est privé. La façade classée M.H. est visible sans restriction et mérite le détour.
The romanic priory of Drevant (XIIth century)
© Olivier Trotignon 2008
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