Adalard Guillebaud, seigneur du Berry

Publié le par Olivier Trotignon

Arrêtons nous un instant sur une personnalité majeure de la première féodalité en Berry du sud en la personne d’Adalard Guillebaud, seigneur de Châteaumeillant et Saint-Chartier.

L’activité diplomatique de ce seigneur s’inscrit dans une longue tranche chronologique allant de 1070 à 1135, longévité assez exceptionnelle pour l’époque qui explique à elle seule l’importance de la documentation disponible.

Adalard Guillebaud manifeste toute son existence une très grande fidélité à la seigneurie de Déols, au point qu’on peut supposer que la famille Guillebaud fut une branche cadette primitive de la maison de Châteauroux. 

On le trouve cité plusieurs fois comme seigneur de Châteaumeillant, très ancien domaine patrimonial des Déols qui est confié jusqu’à extinction du rameau au milieu du XIIIe siècle à une branche cadette -elle bien identifiée - de la grande famille déoloise. C’est d’un autre fief de Déols, Issoudun, qu’Adalard assure la garde vers 1100 pendant que son seigneur légitime, Gaufridus, participe à la première croisade. Seul un homme de grande confiance pouvait assumer une charge aussi stratégiquement sensible pour l’équilibre politique de tout ce secteur du Berry.

On peut supposer qu’Adalard, parfois nommé Alard dans certaines chartes, fut le frère d’Amblard, fondateur de la Roche-Guillebaud, cette forteresse située comme Culan à la lisière orientale des terres déoloises, sur la rivière Arnon.

Adalard entre dans l’Histoire de France en devenant le protecteur d’un jeune seigneur de Bourbon, dont la légitimité était contestée par un oncle, Aymon dit Vaire-vache. A la mort d’Archambaud de Bourbon, Adalard avait épousé la veuve de ce dernier, jouant le rôle de tuteur jusqu’à sa majorité de l’héritier de la grande seigneurie bourbonnaise.

On retiendra de la vie d’Adalard Guillebaud son influence lors de la fondation du prieuré fontevriste d’Orsan. Plusieurs actes gardent la trace des dons initiaux de ce seigneur en faveur des disciples de Robert d’Arbrissel. Selon une tradition déjà observée dans d’autres secteurs de la région, il est probable que les seigneurs locaux, dont les chevaliers de Lignières, autres vassaux de Déols, aient manqué d’un lieu sépulcral digne de leur rang, et aient favorisé, Adalard en tête, l’installation de moines à Orsan pour y fonder un prieuré et un cimetière prêt à accueillir les dépouilles des membres éminents de la féodalité locale. 

D’autres chapitres, abbayes et prieurés témoignent de la générosité d’Adalard, qui dota en particulier Saint-Sylvain de Levroux, Chezal-Benoît, Aureil en Limousin et même la grande abbaye bourguignonne de Cluny.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Q
<br /> <br /> Bonjour<br /> <br /> <br /> Malheureusement, il ne reste plus de trace des tombeaux des chevaliers de Lignières, après les passages des protestants dans la région vers 1569. Les lignérois auraient été fier de protéger celui<br /> de Philbert de Beaujeu et de Catherine d'Amboise. Mais c'est aussi cela l'histoire.<br /> <br /> <br /> Je recherche où se trouvait jadis le prieuré de St Blaise et son cimetière, pour continuer à compléter l'histoire de ma petite ville.<br /> <br /> <br /> http://karelle18.e-monsite.com<br /> <br /> <br /> Bonne continuation dans vos travaux qui sont agréable à lire<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
O
<br /> <br /> A saint-Amand, tous les cimetières sont devenus des places publiques. On peut supposer qu'à Lignières la même évolution s'est produite. <br /> Sauf erreur, il y a une belle description du château de Lignières dans l'ouvrage de Jean Chaumeau (consultable aux archives du Cher).<br /> Comme chaque année, je présenterai des bêtes à la foire de Pentecôte. Peut-être pourrais-je vous saluer ce jour? <br /> <br /> <br /> <br />
O
Ah ben je savais bien que c'étais fin XIIe.Merci pour vous renseignements.Question : que sont les titres scéllés ?
Répondre
O
<br /> Les titres scellés sont une section des Archives départementales où sont conservés les documents comportant des sceaux en très bon état de conservation. Ces titres ne sont consultables (enfin,<br /> c'est le cas dans le Cher) que sur autorisation du directeur des archives, pour éviter les vols et les dégradations.<br /> Les actes munis de sceaux usés ou détériorés restent dans les liasses classiques.<br /> C'est assez peu connu, mais les Archives départementales ont un service pédagogique qui peut animer des mini-stages pour des scolaires, ce qui permet aux enfants d'avoir un contact privilégié avec<br /> les documents du passé. <br /> <br /> <br />
O
Bonjour,le sceau illustrant votre article concernant Adalard Guillebaud, représente un cavalier coiffé de ce qui semble être un heaume à facial à timbre plat.D'après les infos que j'ai, ce type de heaume semble "naître" vers 1180-1190, surtout dans le nord de la france.Pourriez-vous m'éclairer sur ce point.Merci
Répondre
O
<br /> Bonjour,<br /> le sceau représenté est bien postérieur à l'existence d'Adalard. Ne disposant d'aucune iconographie pour l'époque, j'ai cherché au plus près dans mes archives et ai scanné une diapositive d'un<br /> sceau de la seigneurie d'Issoudun datant de la fin du XIIe et conservé dans la section "Titres scellés" des Archives départementales du Cher.<br /> <br /> <br />
O
Bonsoir,je suis déjà passé sur votre blog il y a quelques temps et ...me revoilà.Médiéviste amateur (fin XII début XIII), passionné d'histoire surtout médiévale, je me suis proposé, accompagné de mon épouse, pour faire une intervention (médiévale bien sûr) dans la classe de primaire de mes enfants. Cet intermède sera effectué en costume, avec un topo sur l'habillement, la nourriture...Et pour illustrer mon propos, j'aimerais leur parler de la féodalité et des seigneurs berrychons entre 1180 et 1223, notamment de la région de Nérondes et la vallée de l'aubois (entre Bourges et Nevers). Or je n'ai que très peu d'informations comme vous devez vous en douter (à part Adalard Guillebaut, la famille d'Ebe de Charenton et de Renaud de Montfaucon, infos trouvé sur votre blog).Pourriez-vous m'aider à brosser un tableau un tant soit peu substanciel à ce sujet.Je vous remercie.
Répondre
O
<br /> Il m'est difficile de répondre à une demande aussi précise en l'absence de monographie dédiée à cette région. Je dispose bien de quelques informations sur ce sujet mais destinées à ma thèse, donc<br /> confidentielles en attente de publication. La grande rareté des sources narratives ne permet pas de dresser une histoire évènementielle du secteur. Seuls la seigneurie de Montfaucon et le comté de<br /> Nevers ont marqué la région qui vous intéresse. Par expérience d'interventions en primaire sur des thèmes historiques et archéologiques, il faut donner un minimum de détails historiques et<br /> privilégier l'aspect découverte pratique du thème.<br /> <br /> <br />
U
Bonjour, je viens de vous mettre un message sur facebook mais je ne sais pas vraiment l'utiliser. Aussi je voulais vous féliciter pour votre blog puisque moi-même suis pour moitié, berrichonne alors que je travaille sur la Haute-Auvergne. Je viens de découvrir votre blog grâce à la communauté "vieilles pierres" comme quoi ..
Répondre
O
<br /> Bonsoir,<br /> j'ignore complètement comment fonctionne facebook et faudra que je creuse la question. Merci pour votre commentaire. Je me rends compte que j'avais déjà visité votre propre espace dont j'avais<br /> vraiment apprécié la qualité. Je vois que dans votre région le travail ne manque pas. Dès que j'aurai un peu de temps devant moi je réorganiserai mes "favoris" et vous y ménagerai un lien pour<br /> votre blog<br /> <br /> http://demeures-de-haute-auvergne.over-blog.com/<br /> <br /> Bien amicalement,<br /> O.T. <br /> <br /> <br />