Un raid hongrois en Berry (937)

Publié le par Olivier Trotignon

Hongrois

 

 

La période carolingienne a laissé peu de traces narratives dans la région. Néanmoins, comme tous leurs frères en Occident, les moines berrichons se sont attachés à conserver la mémoire d’ événements exceptionnels qui ont bouleversé les esprits de leur temps. C’est ainsi que la Chronique de Déols note, pour l’année 935, le décès d’Ebbe, seigneur de Déols, tué en combattant les Hongrois.
Pour un moine berrichon, un tel événement avait une incidence plurielle dans son rapport au monde. Ces envahisseurs, qu’il n’avait sans doute jamais vu, représentaient une perturbation temporelle et spirituelle majeure.
Ces envahisseurs avaient tué le protecteur de son monastère, et probablement occis ou blessé d’autres laïcs importants de la région. Les domaines extérieurs d’où sa communauté tirait une partie de ses bénéfices avaient pu être atteints.
Les Hongrois étaient, comme les Vikings, des païens dont l’incursion menaçaient physiquement les religieux, généralement prêts au martyr si aucun repli n’était permis, et plus encore les reliques protectrices de l’abbaye. On comprend que le passage de ces cavaliers venus des steppes orientales ait trouvé sa place dans la chronique berrichonne.
On sait en fait peu de chose sur ces intrus, ni l’importance de leur troupe, ni l’itinéraire qu’ils ont suivi. Ebbe est mort à Orléans, alors qu’il les forçait à traverser la Loire. On remarque que c’est dans cette même cité que les Huns d’Attila avaient été arrêtés dans leur progression vers la Gaule du sud. Comme tous les cavaliers pillards de l’époque, les Hongrois suivaient les routes. Il est peu probable qu’ils se soient aventurés dans les grands secteurs forestiers du sud de la région.
Guy Devailly, par un recoupement de sources, évalue comme plus probable l’année 937 que la date de 935 pour situer l’événement.
A ma connaissance, mais j’aimerais avoir l’avis de mes correspondants archéologues sur la question, les Hongrois n’ont pas laissé de trace matérielle de leur passage, comme des sépultures ou des objets typiques de leur culture qui auraient pu être récupérés sur des prisonniers ou des cadavres, et réemployés localement.
Quand à la dépouille d’Ebbe de Déols, c’est l’église Saint-Aignan d’Orléans qui accueillit sa sépulture, signe que la bataille qui fut livrée dans les environs fut peut-être aussi salvatrice pour l’Orléanais que pour le Berry.

© Olivier Trotignon 2012

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Publié dans histoire locale

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D
merci pour cette article ,<br /> j avais lu un bouquin de pierre Jarnac (les batailles oubliées) ou non loin du Berry mais de l autre rive de la Loire ,dans la Nièvre a l ouest de Clamecy ou les seigneurs locaux ont livrés batailles a un groupe de hongrois et les prisonniers Magyars auraient construit un village nommé Oisy et longtemps les villages environnants ,selon l auteur jusqu' au xix siecle ils les nommaient les hongrois ,a vérifié!! surtout que traditions orales c est toujours difficilement vérifiable.
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O
Bonjour,<br /> merci pour ce renseignement, assez difficile à croire presque 1000 ans après les faits, avec des langues qui ont aussi évolué, mais il y a certainement une autre explication à ces surnoms, à rechercher dans une histoire plus récente. Bien cordialement,<br /> O.T.
J
<br /> Je me suis laissé dire que ces "envahisseurs", descendant des huns avaient laissé quelques traces dans notre vocabulaire (les orges) et dans l'anthroponymie (Niogret très présent dans l'est de la<br /> France). Est-ce exact ?<br />
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O
<br /> <br /> Je ne connais pas assez l'éthymologie pour vous donner un avis. Pour ce qui est des noms de familles, il n'existaient pas sous la forme que nous connaissons au temps des invasions. Si ce nom a<br /> une ascendance hongroise, il faut la chercher plus près de nous, peut être par l'intermédiaire des dictionnaires de langages régionaux, qui peuvent être très instructifs en ce domaine.<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> Pardonnez-moi mon ignorance, mais sont-ce ces Hongrois qu'on nomme Vandales?<br />
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O
<br /> <br /> Les Vandales étaient des envahisseurs plus anciens, qui nous ont fait quelques visites à la fin de l'antiquité tardive, mais c'est une époque que je connais mal.<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> Merci à vous pour ce petit rappel qui met en lumière la richesse de l'histoire du Berry et des berrichons. A ma connaissance (qui est loin d'être exhaustive) il n'y a pas de preuves<br /> archéologiques du passage des cavaliers magyars. Mais les batailles médiévales ont plus souvent marqué les esprits et les chroniques que les paysages. Continuez à éclairer le passé berrichon !<br /> <br /> <br /> Bonnes fêtes.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Matthieu<br />
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O
<br /> <br /> C'est gentil de nous apporter votre expérience, car il n'est pas toujours facile de se tenir au courrant des publications qui concernent la région.<br /> <br /> <br /> Au plaisir de vous croiser sur le terrain dans l'année à venir,<br /> <br /> <br /> cordialement,<br /> <br /> <br /> O. Trotignon<br /> <br /> <br /> <br />