Les ruines de l'ancien château de la Crête, près d'Audes (03)

Publié le par Olivier Trotignon

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Il existe, sur la commune d'Audes, dans l'Allier, une ruine méconnue et pourtant fort intéressante d'une forteresse médiévale, connue sous le nom de château de la Crête, ou de la Creste. Ce site, d'accès compliqué, n'a rien de touristique et est une propriété privée, aussi n'ai-je pu l'approcher qu'à distance. La récolte d'informations donne néanmoins des résultats intéressants.
La Crête se présente comme un éperon rocheux isolé du plateau qui l'environne par le travail de l'érosion. La mise en eau d'un étang artificiel ne permet pas d'évaluer la profondeur de la vallée ni la topographie initiale, mais ce lieu était un site défensif naturel favorable à l'établissement d'un retranchement. Par certains cotés, il présente des points communs avec le château de la Roche-Guillebaud, dans la vallée de l'Arnon.
Sur place, on observe une plate-forme consolidée par un parement de pierre sèche, portant des vestiges d'au moins deux époques distinctes. Les premiers, des tours rondes, peuvent dater du XIIIe siècle. Les seconds, le reste d'un grand corps de logis flanqué de tours carrées dotées de meurtrières à armes à feu, semble du XIVe ou du XVe siècle. A la jumelle, on remarque que les archères qui équipaient les tours rondes ont été remplacées par des ouvertures compatibles avec des couleuvrines. On aperçoit quelques saillies de latrines. L'ensemble présente un profil caractéristique de ces vieilles forteresses féodales réaménagées à l'époque de la guerre de 100 ans pour devenir autant des résidences confortables que des forts capables de résister à un siège.

 

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Plus au-delà, sur le plateau, sont visibles plusieurs grands murs qui closent des parcelles dont une accueille un château plus récent. En l'absence d'autorisation, je ne me suis pas permis d'aller plus loin que les chemins vicinaux, mais on peut penser à des restes de basse-cour ou de garenne.
L'une des curiosité de la Crête est d'avoir laissé très peu de traces dans les archives. Une des seules occurrences relevées date de 1128 et témoigne de la présence d'un chapelain sur place, peut-être desservant de la chapelle attachée au premier château. Un acte non daté mais produit dans un contexte qui se rapproche du XIIe siècle nous informe de l'existence d'un prévôt à la Crête, tout à fait compatible avec la déclaration d'un seigneur de Culan qui, en 1245, parle de sa maison (domo nostra de Crista) de la Crête.
Cela ne doit pas nous dispenser de chercher d'autres sources, mais ces deux dernières mentions suffisent à expliquer le mutisme documentaire qui entoure cette forteresse. Construite par les Culan, elle était tenue par un officier seigneurial qui en garantissait la garde. Il n'existait donc pas de seigneurs de la Crête qui pourraient être identifiés comme tels dans les chartes médiévales.

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D'autres historiens ont écrit la suite de l'histoire de cette place, beaucoup plus documentée à partir de la Renaissance. Il ne m'appartient pas de m'approprier leurs conclusions.
La Crête, je l'ai dit, est une propriété privée. Il est tout de même possible, avec une bonne carte et une solide paire de chaussures de marche, sans déranger plus que quelques chevreuils, d'avoir un beau point de vue sur une partie de ce château.

© Olivier Trotignon 2014

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Publié dans patrimoine militaire

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D
Bonjour, j'ai habité Audes entre 1964 et 2012 . Enfant de 10 ans à 25 ans j'ai parcouru le village et le connais sur le bout des doigts à jouer dans le ruisseau, à pêcher et à visiter le château que possédait un ami de mes parents, monsieur Martinez chocolatier à Blois. Je peux vous assurer qu'a l'époque il y avait encore un plafond de tour en forme de voute qui possédait encore les fleurs de Lis peintes en bleu sur un fond blanc crème. Nous avions trouvé une galerie de quelques mètres écroulée a chaque extrémités ( hauteur d'homme à peine, large d'environ 1 m). Dans le ruisseau un copain c'était fait mal en marchant dans l'eau. Il avait tapé une sorte d'épée cassée , disons plus un fleuret qu'une épée. Belle époque,
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O
Bonjour, merci beaucoup pour cette évocation. Peut-être que les lieux tels que vous les avez connus ont été photographiés? Bien à vous, O. Trotignon
C
J'ai pu visiter les ruines du château , j'ai fait un article à ce sujet ici : https://montjoye.net/chateau-medieval-de-la-crete. Il a été racheté il y a quelques années par la famille Loison.
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N
<br /> Merci pour cet article. Cela donne vraiment envie d'y aller faire un tour. Mais vous-même en temps que Médiéviste, vous n'avez pas pu avoir une autorisation de visite par les propriétaires<br /> actuels ? Quel dommage !<br /> <br /> <br /> Nicole d'Argenteuil<br />
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O
<br /> <br /> Pour être franc, cette visite n'était pas programmée. J'ai juste profité d'un bel après-midi d'hiver avec un éclairage favorable...<br /> <br /> <br /> Bonne journée!<br /> <br /> <br /> <br />
J
<br /> La Crête présente effectivement d'imposants et intéressants vestiges. Pour l'avoir visité à de nombreuses reprises (mais pas depuis la dernière  restauration du "nouveau château" il y a<br /> peut-être une dizaine d'années) le château "ancien" mériterait sans doute qu'on y consacre une petite monographie. Il y a quelques années, on pouvait encore y trouver quelques linteaux ouvragés,<br /> une cave monumentale, de belles cheminées (y sont-elles encore aujourd'hui?), des latrines bien conservées, un puits (comblé), des escaliers... vestiges bien souvent recouverts de lierre ou<br /> enfouis sous des tonnes de terre ou de gravats... L'ancienne forteresse était isolée de la basse-cour (où se situe le château actuel XIXème) par un pont dormant monumental. En observant vos<br /> photos, il semble que le site soit entretenu a minima. Ce qui n'a pas toujours été le cas...<br />
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O
<br /> <br /> Il est vrai qu'il ne disparaît pas sous la végétation, comme la Roche-Guillebaud. Peut-être des moutons ou des chèvres?<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> A votre place, je serais rongé par l'envie de demander l'autorisation d'aller voir de plus près ces restes qui ne demandent qu'à parler... Dans mes propres recherches (enfin, à mon échelle...),<br /> j'ai mis la main sur une liasse de documents notariés des 17 et 18èmes siècles, et commence à me prendre au plasir de déchiffrer ces vieilleries, même si le profane que je suis a encore du chemin<br /> à faire avant de lire ça comme je le ferais avec le catalogue de la Redouote!<br />
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O
<br /> <br /> Les écritures de cette période m'ont toujours semblé plus compliquées à lire que celles du XIe/XIIIe.<br /> <br /> <br /> <br />