Le donjon circulaire sur motte de Ronnet (03)

Publié le par Olivier Trotignon

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Dans le sud de la région de Montluçon, non loin de la limite entre les diocèses de Bourges et de Clermont se trouve, dans le village de Ronnet, un monument injustement méconnu du grand public mais qui a attiré depuis longtemps l’attention des archéologues et des historiens.
Sur les vestiges d’une forte motte castrale s’élèvent les vestiges d’un donjon de pierre, tronqué sur une hauteur difficile à estimer, mais qui garde une élévation significative.
Si on s’appuie sur la forme de cette construction, la tour de Ronnet peut être datée de la fin du XIIe ou du XIIIe siècle, comme la majorité des donjons de la région. Celui ci doit son salut à la faible qualité de l’appareillage général, qui inclut peu de belles pierres de taille. Les gens du village n’ont vu aucun intérêt à le transformer en carrière, tout juste l’ont-il éventré à la base pour profiter de la basse-fosse pour ménager un abri pour les animaux domestiques.

 

Ronnet3

 

Le profil général de ce bâtiment témoigne d’un archaïsme rare qui fait tout l’intérêt de ce site. Ses constructeurs ont en fait remplacé un antique donjon de bois datant du premier âge féodal par une tour de même conception, mais imputrescible et insensible à l’incendie, gardant un faible diamètre à la base et un accès par rampe amovible à un étage élevé, comme on en voit encore sur le donjon d’Huriel ou comme il en existait, d’après les gravures modernes, au château de Montrond. Aucune meurtrière n’a été ménagée dans le tronc qui demeure, ce qui confirme le manque de modernisme de l’ensemble, prévu pour abriter un nombre réduit de combattants disposants d’armes défensives puissantes comme des arbalètes, employées à partir du sommet du donjon.

 

Ronnet-tour

 

Ronnet offre donc au visiteur un intéressant exemple du passage dans nos régions des châteaux de bois à leurs successeurs de pierre. Ici, manifestement, les ambitions des architectes ont été limitées à l’imitation d’un modèle symbolique et tactique primitif: symboliser, en conservant la motte comme assise, le caractère souverain et féodal de la tour et assurer la sauvegarde d’un petit nombre de guerriers en cas d’agression.
Ailleurs, les vielles bases féodales ont été soit laissées à l’abandon, soit recouvertes par de puissants châteaux-forts, ce qui donne au donjon de Ronnet un caractère exceptionnel.

 

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​​​​​​​© Olivier Trotignon 2013

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Publié dans patrimoine militaire

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P
<br /> Je suis heureux de voir que ce patrimoine inconnu des bourbonnais - ou autres - soit évoqué ici.<br /> <br /> <br /> J'ai cependant deux remarques : la première, c'est que cette tour est similaire à celle que l'on peut voir sur la commune voisine de Sainte-Thérence au château de l'Ours. La tour de Ronnet être<br /> plus large et elle a subit des dégradations (effondrement du parement sur 2 cotés, agrandissement des portes) ce qui n'est pas le cas de la tour de l'Ours. Ensuite, s'il n'y a aucune meurtrière,<br /> c'est que ce n'était pas dans les habitudes ! On a là un exemple de défense passive : c'est à dire que l'on se met à couvert dans le château et on oppose à l'assaillant un maximum d'obstacles<br /> (fossés, palissade/mur, motte, tour inaccessible, etc.). Avec l'architecture philippienne (qui apparait après 1180) on change de mentalité, et alors, les meutrières et autres apparaissent : c'est<br /> la défense active. La tour de Ronnet est à la fois inspirée des tours rondes philippiennes mais également des anciennes tours de bois en ce qui concerne la notion de défense.<br /> <br /> <br /> toutes mes fécilitations pour votre site Internet qui me donne tant de renseignements  ! ! !<br />
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O
<br /> <br /> Merci pour vos encouragements!<br /> <br /> <br /> Au plaisir,<br /> <br /> <br /> O. Trotignon<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> Contrairement à d'autres donjons circulaires, tels Château-Renault (37) et Montdoubleau (41) construits sur une motte et qui se sont écroulés en partie,<br /> celui-ci a plutôt bien résisté au temps. Il est vrai que la hauteur de cet édifice semble inférieure à ceux que je cite. André Châtelain et Jean Mesqui expliquent que ces<br /> tours maîtresses de plan circulaire et édifiées sur une motte artificielle - et donc assez instable - ont tendance à "rouler" sur leur base et à s'effondrer à l'inverse des tours de plan<br /> carré ou rectangulaire dont les quatre angles leur confère une meilleure assise. Merci pour cet article, j'ignorais l'existence de cette tour que je compte aller voir de près.<br />
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O
<br /> <br /> Ronnet est à quelques kilomètres de l'abbaye cistercienne de Bellaigue dont la visite vaut, vraiment, le détour.<br /> <br /> <br /> <br />
O
<br /> Dans l'ouvrage Châteaux, fiefs, mottes... en Bourbonnais, il est indiqué qu'un des fils d'Archambaud de Bourbon, un écclésiastique du nom de Guy de Bourbon, doyen à Rouen, légue à sa mort en<br /> 1226, le fief de Ronnet (ainsi que d'autres) à ses neuveux en charge de la seigneureurie de Bourbon.<br />
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O
<br /> <br /> C'est intéressant, car j'ai consulté une source qui nomme cette tour la "tour-Bourbon".<br /> <br /> <br /> <br />
O
<br /> Merci pour cet excellent article et cette belle découverte.<br /> <br /> <br /> Par curiosité, j'ai cherché sur googlemaps et il est bien possible de visualiser la forme de la motte originel.<br /> <br /> <br /> http://maps.google.fr/maps?q=ronnet+03&ll=46.203898,2.698587<br /> <br /> <br /> Je n'ai pas trouvé grand chose sur le net sur les propriétaires de l'époque juste son achat au XIVe siècle :<br /> <br /> <br /> Goussaut de Thoury, seigneur dudit lieu, achète en 1359 le donjon de Ronnet à Jehan de Repenti,<br /> chevalier, pour la somme de 400 deniers d'or.<br />
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S
<br /> Effectivement, cela ne ressemble à rien d'autre que je connaisse, et j'aurais aisément penché pour un pigeonnier, voire un moilin à vent! Merci de ce explications!<br />
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