La mort d'Agnès Sorel

Publié le par Olivier Trotignon

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J'avais été, en 2006, invité par la Société Française de l'Histoire de la Médecine à présenter, lors de son colloque à Bourges, un court exposé sur les établissements hospitaliers en Berry à la période médiévale. Les participants avaient eu le privilège, lors de cette journée, d'assister à une remarquable présentation du docteur Philippe Charlier, coordinateur de l'équipe pluri-disciplinaire qui résolut, en 2005, l'énigme de la mort d'Agnès Sorelle. Voici un compte-rendu de son article:
Qui a tué la Dame de Beauté? Etude scientifique des restes d'Agnès Sorel (1422-1450), Histoire des Sciences Médicales, tome XL - n°3 - 2006
complété de quelques ajouts personnels.

 

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Agnes Sorel ou Seurelle, comme on le voit gravé dans son épitaphe, n'est pas à proprement parler une figure du Moyen-âge berrichon. Celle qui porte sur son tombeau le titre de dame de beauté et de coquetterie n'a fait que résider dans la région en compagnie du roi Charles VII, dont elle était la maîtresse "officielle" mais son nom demeure attaché à des lieux prestigieux comme Mehun-sur-Yèvre, Bourges et Bois-Sir-Amé.
A l'occasion du retour de son monument funéraire et de ses cendres dans la collégiale Saint-Ours de Loches, en Touraine, une équipe de chercheur a pu se pencher sur les restes de cette femme morte dans des conditions mystérieuses en 1449, présentant les symptômes d'un empoisonnement. Après avoir confirmé l'identité du cadavre au moyen d'une reconstruction faciale informatique combinant les traits gravés dans le marbre blanc de son gisant et une portion de crâne retrouvée dans l'urne funéraire contenue dans la tombe, l'attention des chercheurs s'est portée sur un faisceau d'indices conduisant à un surdosage d'un traitement à base de fougère et de mercure destinée à combattre un des fléaux de l'époque, le vers intestinal.
L'une des plus belles femmes de son temps était, même si cela peut chagriner les esthètes, comme tous ses contemporains, habitée par toute une faune parasitaire dont l'ascaris était l'hôte privilégié, ce qui n'était pas sans conséquences sur son quotidien, y compris lors de ses transports amoureux avec son royal amant. Pour remédier à ces désagréments, et le lecteur comprendra ma discrétion naturelle à taire les détails, Agnès Sorel suivait un traitement à partir de fougère mâle, destinée à détendre les viscères, et de mercure, prévu pour en déloger les parasites. Les potards de l'époque dosaient au plus juste le remède, afin d'éviter les accidents. Pourtant, quelques jours avant son trépas, la belle Agnès fut prise, d'après une chronique de l'époque, de terribles douleurs abdominales, ce qu'on appelait alors un "flux de ventre". Son haleine se mit à empester si fort qu'elle comprit que la mort serait la seule issue à ses tourments. Après trois jours de souffrances, la belle s'éteignit, avec tous les symptômes d'un empoisonnement aigu.
Les recherches du docteur Charlier et de ses confrères ont mis en lumière la présence de 10.000 à 100.000 fois plus élevée que nécessaire de mercure dans l'organisme de l'infortunée jeune femme. Ce surdosage, peut-être accidentel, ressemble beaucoup aux conséquences d'un geste criminel.
Il ne reste d'elle aujourd'hui que quelques fragments de sa dépouille qui reposent sous un des plus beaux gisants de marbre blanc de toute la région Centre, un monument à ne surtout pas manquer si vous êtes de passage à Loches....

 

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V
Bonjour monsieur Trotignon, auriez-vous une adresse mail à me communiquer ?... J'aimerais vous adresser un Cliché. Bien cordialement, NV
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P
<br /> gisant d'Agnes Sorel, dans l'église de Loches<br /> <br /> <br /> merci pour le lien ,!! en effet elle est superbe cette sculpture<br /> <br /> <br /> bonne journée<br />
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O
<br /> <br /> C'est une des plus belles que je connaisse, mais nous sommes là dans des œuvres princières. Vues sous cet angle, nos dalles chevaleresques en calcaire ne sont pas si mal que ça !<br /> <br /> <br /> <br />
I
<br /> Cher Monsieur, nous désirons utiliser une de vos photos du gisant d'Agnès Sorel (gros plan sur le visage) pour illustrer un outil de médiation destiné au public de l'abbaye de Jumièges. Nous<br /> aimerions avoir votre autorisation et connaître vos conditions pour cette utilisation. Avec nos remerciements,<br /> <br /> <br /> Isabelle Roby<br /> <br /> <br /> 02.35.37.24.02<br /> <br /> <br />  <br />
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O
<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> <br /> je préfère vous répondre en détail en message privé. Merci de votre intérêt pour mon travail, bien cordialement,<br /> <br /> <br /> O. T.<br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> J'ai eu l'occasion d'aller voir ce gisant l'été dernier et je dois avouer que c'est vraiemnt une merveille. J'en ai eu les larmes aux yeux...<br />
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O
<br /> <br /> J'ai en réserve le gisant du duc Jean de Berry, photographié à l'occasion des Journées du Patrimoine. C'est aussi un très bel objet. Merci de votre visite!<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> <br /> Reste à savoir qui a eu la main aussi lourde...<br /> <br /> <br /> <br />
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O
<br /> <br /> Le Professeur Charlier pense au médecin personnel du roi, le mieux plaçé pour les mélanges sournois....<br /> <br /> <br /> <br />