La mandorle de l’église d’Autry-Issarts (03) et la signature du sculpteur

Publié le par Olivier Trotignon

Autry-Issarts-ensemble

 

C’est la petite notice rédigée en 1966 par André Guy, alors président des Amis de Montluçon et de la Fédération des sociétés savantes du centre de la France, dans le Dictionnaire des églises de France qui avait retenu mon attention. L’église bourbonnaise d’Autry-Issarts, dans les alentours de Souvigny, présente l’originalité de porter sur le tympan surmontant son entrée la signature de l’auteur de la belle scène qui l’orne. Une visite sur place a permis d’avoir une vision détaillée de l’ensemble.

 

Autry-Issarts-mandorle

 

Si la qualité de la réalisation ne doit pas surprendre dans une région économiquement et spirituellement très ouverte au XIIe siècle, on note tout de suite une autre originalité qui mérite à elle seule qu’on s’attarde devant ce monument. Au centre du tableau ayant naguère représenté un Christ en majesté soutenu par deux apôtres se trouve une mandorle de grès fin sur laquelle sont encore perceptibles des traces de polychromie presque entièrement délavées par les intempéries, preuve, semble t-il, mais les points de comparaison me manquent dans la région, que l’amande était à l’origine peinte, et non pas sculptée.

 

Autry-Issarts-ânes

 

A gauche de la mandorle sont sculptées trois têtes cornues, tandis qu’à droite des grandes oreilles sont esquissées et symbolisent l’âne de la Nativité, en compagnie du bœuf.
A droite à la base du tympan se trouve cette rare inscription: “NATALIS ME FE (cit)” (Noël m’a fait), qui rappelle, plus au nord, le GIRALDUS ME FECIT du portail de Saint-Ursin de Bourges. Un chapiteau, dans l’église poitevine de Chauvigny, porte une signature du même modèle, en latin.
Le point le plus étonnant de cette inscription est le nom de l’artiste, Noël, totalement inédit dans ma documentation rassemblée pour ma thèse, ce qui pourrait laisser penser que l’homme qui est venu tailler le grès bourbonnais n’était pas né dans la région.
A l’intérieur du sanctuaire, on notera l’existence de motifs abstraits tout à fait semblables à ce qu’on peut trouver dans la petite église de Pouzy-Mésangis, à laquelle j’avais consacré un billet il y a un ou deux ans.

 

Autry-Issarts-motif1

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Publié dans art roman

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S
<br /> A propos de l'église de St-Céols, j'ai entendu dire que ce serait la seul (en Berry? en France?) à avoir été consacrée en 1789, probablement suite à une reconstruction. Confirmez-vous?<br /> Lugny-Champagne posséde un bénitier portant la date de 1494, et Veaugues un similaire forgé au même endroit (forges de la Motte-Cochon). Je note le 12 Mai, sous réserve de confirmation. Merci<br /> pour l'heure, qui me convient parfaitement!<br />
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O
<br /> <br /> Je ne connais pas assez l'histoire récente de la région pour avoir un avis sur la question, mais j'ai en revanche la date de mon intervention, prévue le 26 mai à 17h dans les chais du prieuré, à<br /> St-Céols.<br /> <br /> <br /> <br />
B
<br /> Bel article. Je n'ai pas perdu ma journée.<br />
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O
<br /> <br /> Le secteur est d'une grande richesse patrimoniale, le rayonnement de la seigneurie de Bourbon n'est pas étranger à l'affaire!<br /> <br /> <br /> Merci, et au plaisir,<br /> <br /> <br /> O. T.<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> J'ai visité cette église en Septembre 2010, mais ces détails m'avaient échappé. Merci pour ces explications!<br />
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O
<br /> <br /> Merci de votre soutien. Je devrais bientôt savoir quelle date sera retenue pour mon intervention à St-Céols, peut-être (?) le 12 mai, 17 heures, à confirmer. J'en profiterai pour demander<br /> l'ouverture de l'église, où se trouve le plus ancien bénitier en fonte de fer du Berry.<br /> <br /> <br /> <br />