L’ancien prieuré de Reugny (03)

Publié le par Olivier Trotignon

 

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Les automobiliste qui empruntent l’axe Saint-Amand-Montrond/Montluçon ne peuvent pas ne pas remarquer le curieux ensemble prieural de Reugny, à une quinzaine de kilomètres au nord de Montluçon, juste au bord de la route. Facile d’accès, bien entretenu, les vestiges du prieuré de Reugny méritent l’attention des amateurs de patrimoine médiéval. 

On remarque tout d’abord sur place l’ancienne chapelle du prieuré, de forme trapue, peu ornementée, d’un modèle similaire à l’église d’Audes ou à l’ancienne abbatiale cistercienne de Bussière. Éventrée au Nord pour laisser passer des charrettes au moment où les bâtiments abritaient une exploitation agricole, il ne demeure à l’intérieur comme seul matériel liturgique qu’un petit autel de pierre.

 

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Plus insolite, et plus récent se dresse le logis fortifié du prieur, sorte de donjon miniature entouré par les restes d’un rempart renforcé par des tours équipées de meurtrières destinées à l’emploi d’armes à feu. Le tout semble dater de la fin du Moyen-âge. L’hôtel du prieur ne montre pas de traces de dispositif défensif particulier, mais l’aspect massif du bâtiment laisse peu de doutes sur sa vocation à la fois résidentielle et militaire. L’ensemble, curieusement, ressemble au donjon d’Huriel, plus ancien et surtout beaucoup plus grand, qui a certainement inspiré les choix architecturaux des moines de Reugny.

 

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Un bâtiment à vocation agricole et une cave voûtée sont de facture plus moderne.

Le grand vide documentaire qui affecte toute la région jusqu’au retour des moines de Saint-Denis-en-France dans leur terre de la Chapelaude vers 1060 ne permet pas de reconstituer l’histoire ancienne du prieuré de Reugny. Celui ci est clairement cité par un acte du cartulaire de la Chapelaude, daté des années 1135, mais son prieur n’est jamais appelé comme témoin dans les actes refondateurs de la Chapelaude. Ceci n’est pas une preuve de l’absence de cet établissement dans le paysage religieux régional avant 1100, mais n’aide pas à préciser la date de sa fondation. 

Il est pourtant permis d’ébaucher quelques hypothèses sur les origines du prieuré de Reugny. Dépendant de l’abbaye bénédictine de Saint-Cyran, dans la Brenne, à près de 140 kilomètres de distance, Reugny n’est pas la seule possession de la vieille abbaye berrichonne. Vitray, Saint-Caprais, Givarlais et Chateloy, près d’Hérisson constituent avec Reugny un ensemble géographiquement homogène, relevant du temporel de Saint-Cyran. Cette abbaye, fondée à l’époque mérovingienne, peut avoir possédé des terres dans la vallée du Cher depuis une très haute époque, de la même manière que le fit l’abbaye de Saint-Denis. Il est possible, qu’à défaut d’une origine commune, les deux monastères bénédictins aient profité, à l’époque mérovingienne ou carolingienne, de la générosité d’un bienfaiteur commun qui se serait séparé au profit de moines de différentes origines d’un immense domaine, séparé en plusieurs lots, dans la périphérie de Montluçon.

Notons que, longtemps en ruine, les vestiges médiévaux de Reugny ont été mis hors d’eau il y a une vingtaine d’années et que, même s’ils mériteraient une restauration plus complète, leur état est stabilisé et permet leur visite en toute sécurité.

 

 

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Publié dans patrimoine religieux

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S
<br /> <br /> On trouve ce même grès rouge au niveau de l'église-abbatiale de Chârost du XIIè siècle, entre Issoudun et Bourges, mais le filon n'est apparemment pas local (calcaire principalement ici, comme<br /> dans une grande partie de la Champagne berrichonne d'ailleurs)<br /> <br /> <br /> <br />
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O
<br /> <br /> C'est tout à fait exact. Je ne connais pas la géologie de ce secteur, mais il y a peut-être une petite veine qui affleure quelque part, et qui a été exploitée par les bâtisseurs de l'époque? Il<br /> me semble que la pierre de Chârost contient moins d'inclusions que celle du Montluçonnais, mais je n'en suis pas très sûr.<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> <br /> Je me souviens m'être arrêté visiter ce site il y a déjà au moins 10 ans. J'avais été étonné par la disposition des leieux et, en particulier, d'une cave s'ouvrant au milieu de nulle part.<br /> <br /> <br /> L'endroit mérite la visite ne serait-ce que par les pierres superbes avec lesquelles il a été bâti. Du grès rouge local et, je suppose, du grès bigarré de Saulzais le Potier, présentant des<br /> teintes allant du rose au vert, en passant par le jaune et le mauve. Superbe!<br /> <br /> <br /> Merci de nous en brosser un peu l'histoire.<br /> <br /> <br /> <br />
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O
<br /> <br /> La chapelle est bien faite dans un grès très chargé en oxyde de fer, parfois rouge vif, avec de grosses inclusions de quartz, qu'on retrouve dans plusieurs petits monuments de la rive gauche du<br /> Cher. Je ne sais pas où était le filon, mais il y a des affleurements tout près de l'abbaye de Bussière.<br /> <br /> <br /> Ça devait se tailler assez difficilement, comparativement aux beaux calcaires du bassin de Bourges.<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> <br /> Tout simplement magnifique ! Merci de faire découvrir de tels monuments.<br /> <br /> <br /> <br />
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O
<br /> <br /> Pour une fois que c'est accessible sans problème, il faut vraiment en profiter!<br /> <br /> <br /> <br />