Dun-sur-Auron, ville royale

Publié le par Olivier Trotignon

 

dun-beffroi

 

C’est au milieu de la grande plaine céréalière de la Champagne berrichonne qu’émerge un des plus hauts témoins de l’activité humaine dans le Berry du Moyen-âge. Visible à des kilomètres à la ronde, le toit de l’immense beffroi de Dun-sur-Auron est le vestige emblématique de l’ancienne ville royale et fortifiée qui marqua longtemps la frontière entre le domaine capétien et les terres tenus par les féodaux du sud de la région.

Même si on n’en a pas la preuve formelle, la cité de Dun fit très certainement partie du lot de possessions cédées par le vicomte et futur croisé Eudes Arpin au roi de France Philippe Ier au début du XIIe siècle. Au toponyme originel est accolé le terme “le roi” noté dès 1166 dans une charte de l’abbaye Saint-Sulpice de Bourges. Jusqu’à la Révolution, la ville porte le nom de Dun-le-roi. 

 

dun-rempart

Le roi Philippe Auguste entreprend une vaste campagne de fortification de la petite cité. Une enceinte flanquée de tours garnies d’archères est élevée. Comme dans sa ville voisine de  Bourges, le souverain fait bâtir une “grosse tour”, à savoir un donjon circulaire qui domine les remparts. Cette équipement particulier fait écho aux autres constructions du même modèle entreprises par la féodalité locale: Renaud de Montfaucon à Montrond, les seigneurs de Culan et ceux d’Issoudun dans leurs forteresses respectives, pour ne citer que les plus célèbres, élèvent eux aussi de leur coté de hautes tours rondes qui symbolisent leur statut de grands seigneurs fonciers.

dun-aerien


Autour de la ville de Dun-le-roi, la campagne s’anime. Toute la plaine alentour est conquise par les paysans, qui rejoignent leurs pièces de terre cultivée en suivant les chemins qui rayonnent à partir de la petite cité, encore bien visibles par la photographie satellite qui permet de distinguer un intéressant plan géoconcentrique, comme à Issoudun. On peut supposer que cette gestion de l’espace agricole permet d’anticiper une éventuelle croissance à venir de la population, des besoins de celle-ci, et des terres qui devront être exploitées pour y faire face.

La période médiévale a laissé de nombreux vestiges à Dun. Le visiteur y découvre une variété monumentale très complète pour une ville de cette dimension: église romane remaniée à la fin du Moyen-âge, remparts appuyé sur des tours de section circulaire, beffroi monumental assurant la sécurité d’une des portes de la cité, assise lenticulaire de l’ancien donjon ayant probablement succédé à un ouvrage de bois antérieur, maisons à pans de bois. La Renaissance a aussi laissé son empreinte à Dun, en particulier par l’existence d’un très bel hôtel particulier dont la façade rappelle l’architecture de certaines demeures contemporaines visibles dans la vieille ville de Bourges.

dun-maison


La visite de Dun-sur-Auron sera complétée avec beaucoup de profit par une étape dans les villes proches de Bruère-Allichamps et à Ainay-le-Château pour avoir une vue d’ensemble du phénomène des fortifications urbaines dans le sud du Berry à l’époque féodale.


dun-gargouille


 

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Publié dans patrimoine militaire

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F
<br /> <br /> Le coup du maréchal d'Empire m'a bien fait rire! heu... l'anthroponymie, c'est l'étude des noms? racontez!<br /> <br /> <br /> <br />
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O
<br /> <br /> En fait, j'étudie la société berrichonne médiévale par l'intermédiaire des noms de personnes. Le blog, c'est en grande partie ce que j'ai trouvé pendant mes recherches et qui ne peut servir à<br /> rien pour ma thèse. En parler plus prendrait des heures et des heures....<br /> <br /> <br /> <br />
U
<br /> <br /> Extraordinaire votre photo aérienne ! On comprend d'autant mieux ce que vous expliquez à propos de l'importance de la forteresse de Dun.<br /> <br /> <br /> <br />
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O
<br /> <br /> C'est un copié-collé de Google earth, qui est un outil précieux dans ce genre de circonstances. La même vision d'Issoudun, dans l'Indre, est encore plus expressive.<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> <br /> Je dois humblement reconnaître que je ne connais de Dun que ce qu'on en voit en venant de Baugy, se dirigeant sur St-Amand. J'ai dû m'arrêter une fois, il y a bien longtemps, mais sans vraiment<br /> savoir par quel bout m'y prendre pour voir ce qui est à voir. Encore une lacune que j'espère combler un jour...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Merci de ce petit aperçu!<br /> <br /> <br /> <br />
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O
<br /> <br /> Il faut reconnaître que comme pour plein d'autres villes tout aussi intéressante, la signalétique est réduite au strict minimum. <br /> <br /> <br /> Bonne fin de week-end!<br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> <br /> C'est amusant de découvrir votre blog, je retrouve une partie de ma vie oubliée... Il y a quelques années, j'allais régulièrement avec un ami, maître d'oeuvre du château de Guédelon, faire des<br /> excursions à saint-Amand Montrond et alentours. J'ai visité longuement Dun sur Auron et Bruères Allichamps. Vous devez certainement connaître les gens chez qui nous allions... mais j'ai oublié<br /> leurs noms... très utile mon commentaire non?!<br /> <br /> <br /> J'aime beaucoup cette région et Dun-sur-Auron mérite le détour.<br /> <br /> <br /> Vous avez étudié l'histoire de l'art médiéval ? où cela? vivez-vous de votre passion?<br /> <br /> <br /> J'ai fait une maîtrise d'histoire de l'art médiéval à Dijon, je ne me souviens plus trop mais j'ai dû la soutenir vers 1996...<br /> <br /> <br /> à bientôt!<br /> <br /> <br /> Stéphanie<br /> <br /> <br /> <br />
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O
<br /> <br /> A presque 50 ans, mon parcours commence à ressembler à celui d'un maréchal d'Empire, le tricorne à plumes en moins:<br /> <br /> <br /> j'ai participé à plusieurs chantiers de fouilles, j'ai fait mes études à Orléans, Tours et Paris; une bonne partie de ce que je raconte sur l'art a été travaillé en auto-formation, car ma vraie<br /> spécialité est l'anthroponymie médiévale, sur laquelle je termine ma thèse. Pour être franc, j'en ai tellement entendu sur le coté obscur, fermé, attardé de ma région que j'aime vraiment en<br /> montrer ce que je trouve de plus beau.<br /> <br /> <br /> Voilà le pourquoi du comment.<br /> <br /> <br /> <br />