Antennes-relais et patrimoine: le cas du donjon de Sancerre (18)

Dernièrement, profitant d’un bel après-midi d’hiver pour aller nous promener à Sancerre, nous avons eu le désagrément de trouver, non loin du donjon médiéval qui témoigne de l’importance de cette ancienne forte, une verrue technologique du plus mauvais effet: une antenne-relais -j’imagine pour téléphones portables- plantée sur un toit dans le périmètre immédiat de l’ancien château.

Certes, on ne la voit pas de partout dans la ville, et on peut l’éviter sur les photos. Certes, l’économie locale fondée sur le négoce de Sauvignon se passe très bien de l’intégrité visuelle des vestiges du passé féodal de la cité, mais cela ne justifie pas qu’on ait accordé un permis de construire pour une pareille anomalie esthétique.
D’autres cités ont su dissimuler ce même genre de dispositifs dans des structures où ils n’accrochent pas le regard, arrivant à concilier les besoins de nos contemporains en communication et les besoins de nos prédécesseurs en dispositifs défensifs ou en constructions à caractère spirituel ou économique.
Il ne me semble pas inutile de rappeler aux uns et aux autres, surtout en cette période de renouvellement des équipes municipales, qu’un maire a la faculté d’interdire ce genre d’installations incompatibles avec les termes des plans d’occupations des sols. Antennes-relais de vidéo-surveillance ou de téléphonie mobile, volets roulants sur des façades médiévales, mobilier urbain posé sans apparence d’une ombre de réflexion devant des lieux visités heurtent beaucoup de gens, résidents comme personnes de passage. Tous s’en remettront, me direz vous, mais quel dommage de gâcher le plaisir qu’on peut avoir à se promener dans des lieux qu’il aurait pourtant été si simple de préserver.

A titre personnel, je désapprouve doublement l’antenne de Sancerre qui trône en plein milieu des habitations, sans considération pour les effets néfastes à craindre pour la santé des gens qui vivent sur le site.
© Olivier Trotignon 201