Un nouvel avenir pour le château de Culan

Publié le par Olivier Trotignon

J’écris ces quelques lignes principalement à l’intention des lecteurs éloignés du département du Cher, qui n’auraient pas accès à la presse locale.

Cette presse a, dernièrement, abondamment commenté un évènement que beaucoup de monde, dans la région, espérait: le château de Culan a enfin trouvé de nouveaux propriétaires. Ceux-ci, sitôt la vente conclue, ont invité la population, les élus, les représentants de la République, la presse, à venir les rencontrer dans la cour du château, afin d’exposer leurs projets pour la forteresse.

L’historien que je suis se réjouit de cette nouvelle, à plusieurs titres.

Les acquéreurs ne sont pas des amateurs en la matière. Forts d’une longue expérience acquise après l’achat de plusieurs forteresses médiévales, une en Auvergne et l’autre dans le Berry, ils savent exactement à quoi ils s’attaquent. Ils ne s’agit pas d’obscurs investisseurs plus attirés par des avantages fiscaux que par la qualité du monument, et encore moins de grands enfants gâtés jouant avec un château Playmobil grandeur nature.

Nous l’avons bien compris, Culan ne rouvrira pas au public avant que d’importants travaux de consolidation des structures médiévales aient été réalisés. Les toitures des deux tours flanquant la façade la plus connue sont proches de la ruine et devront être bâchées. Culan aura longtemps l’aspect d’un chantier garni d’échafaudages, pas très esthétiques, mais nécessaires. Aucune date ne peut être avancée pour une future réouverture de l’ensemble à la visite.

Le château de Culan occupe une place à part dans le cœur des régionaux. Il a un impact paysager exceptionnel car visible d’une route très fréquentée. Longtemps, il a accueilli des expositions prestigieuses et a été un moteur de l’économie locale. Il a même été l’objet de légendes, l’une d’elle affirmant que Jeanne d’Arc y aurait séjourné, fait depuis longtemps démenti par l’historien Emile Chénon.

Pour moi, Culan est une sorte de borne dans mes recherches, ayant découvert ses premiers seigneurs dès 1984, année de mon inscription en Maîtrise. Le voir protégé et mis en valeur me réjouit.

 

© Olivier Trotignon 2024

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M
Je suis particulièrement heureux de voir qu'un de mes anciens condisciples du lycée Alain-Fournier se soit porté acquéreur du Château de Culan et projette avec ses compétences en la matière qui sont grandes de le rénover . <br /> Je suis néanmoins étonné de l'énorme travail à réaliser sur les toitures car j'ai le souvenir que Jean Ferragut que j'ai rencontré professionnellement dans les années 8O me racontait "l'hectare de toiture "qu'il venait de rénover .
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M
Merci de votre explication , en effet en regardant de plus près sur la première photo on voit clairement la différence entre l'état des tours et celui du corps de logis .
O
La toiture que vous évoquez est celle qui couvre le corps de logis principal. En visitant le château il y a deux ou trois ans, j'avais remarqué que les chevrons et les lattes étaient récents, et la toiture couverte de petites tuiles modernes, imitant les tuiles de pays. Je suppose que m. Ferragut avait estimé la toiture des tours assez solide pour durer. Hélas, le temps a travaillé, les charpentes sont en mauvais état, petites tuiles et bardeaux glissent et les deux tours latérales sont en péril.
S
Voici une bonne nouvelle, et je souhaite bien évidemment que ces travaux soient menés avec célérité, pour que nous puissions programmer une journée de découverte sur place (2h de route pour nous).
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O
Le chantier risque de durer un moment: rien que pour atteindre les toitures, il faut échafauder depuis le bas de la roche sur laquelle est bâti le château, ce qui représente une hauteur hors normes et un savoir-faire réservé à de grosses entreprises.