L'if pluri-centenaire de la Motte-Feuilly (36)

Publié le par Olivier Trotignon

 

Les journées du Patrimoine 2020 ont été l'occasion de pouvoir visiter le très intéressant château de la Motte-Feuilly, dans le sud du département de l'Indre. Cette petite forteresse est composée de bâtiments élevés à la Guerre de cent ans et remaniés à la Renaissance ainsi qu'à des périodes beaucoup plus récentes. La motte castrale éponyme, si elle était bien à l'emplacement de l'actuelle enceinte, n'a laissé aucune trace. Outre la présence de fossés humides sur le site - l'eau était recherchée pour assurer la sécurité des châteaux primitifs en bois -un élément végétal remarquable pourrait bien être, de manière assez paradoxale, le dernier vestige de la première occupation militaire du lieu.

Poussant à quelques dizaines de mètres du rempart, en légère surélévation par rapport à l'assise de la Motte-Feuilly se trouve un énorme if que les botanistes reconnaissent comme pouvant être millénaire, donc contemporain des premières mottes castrales. 

Cette essence n'est pas indigène. L'arbre n'a pu survivre dans un paysage agricole qu'avec l'aide l'homme: ses baies et ses feuilles, toxiques pour les herbivores, le condamnant à l'éradication par les cultivateurs du cru. Chacun connait, en revanche, l'intérêt que le bois d'if suscitait auprès des militaires médiévaux. Souple et résistant à la torsion, ses qualités pour l'archerie étaient sans égales. Il n'y a donc rien d'extravagant à admettre que cet arbre à pu être planté avant le début des croisades par des hommes d'armes prévoyants.

 

 

© O. Trotignon 2020

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Publié dans patrimoine militaire

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A
Est-on sûr que l'if n'est pas indigène ici ? Jules César mentionne pourtant dans "La guerre des Gaules" que l'if est un arbre fréquent en Gaule, et d'autre part on sait qu'en Europe occidentale la population d'ifs a beaucoup décru au cours du temps. Peut-être que celui de la Motte Feuilly est une relique d'un peuplement ancien, non ?
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O
C'est, en effet, une possibilité, mais sa présence près d'un site médiéval serait une curieuse coïncidence. Ce qui est intéressant dans ce cas, c'est qu'il a été entretenu dans un espace seigneurial, loin de la serpe des agriculteurs qui protégeaient leur cheptel.
S
L'idée insupportable de me retrouver entouré de gens "baillonnés" m'a poussé à rester à la maison ce dimanche, contrairement aux années précédentes où j'essaye de profiter des Journées du Patrimoine. Petite précision concernant l'if; toutes ses parties sont toxiques...enfin presque; en effet, la chair rouge, sucrée et un peu gluante de ses fausses baies est tout-à-fait comestible. La preuve: j'en mange de temps en temps et suis toujours vivant! Les graines sont toxiques.
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O
Je crois bien que, étant gamin, avec mes cousins, avoir aussi tenté l'expérience :-)