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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 10:53

Il y a plusieurs années, je signalai aux lecteurs de Berry médiéval le début d’un important chantier de rénovation d’un élément majeur du patrimoine urbain médiéval régional : une partie de l’enceinte fortifiée de la ville d’Ainay-le-Château, dans l’Allier, était en travaux.

La tombée précoce de la nuit et la clémence du temps m’ont amené à retourner sur place pour profiter d’un panorama architectural remarquable qui mérite d’être découvert et largement partagé.

Nous sommes au nord de la ville, au pied d’un rempart qui garantissait la sécurité d’une population urbaine dépendant des seigneurs de Bourbon. Ainay, dite « le château », était alors une des places-fortes majeures de la frontière septentrionale de la seigneurie de Bourbon, ancêtre éponyme d’une province qui allait porter, à partir de la Guerre de 100 ans jusqu’à la Révolution, le nom de Bourbonnais.

 

Les images, hélas, sont trompeuses. La belle vue tant nocturne que diurne sur les fortifications d’Ainay ne nous offre qu’une petite partie de ce à quoi ressemblait la ville au moment où les travaux de défense furent achevés. A la gauche de l’église s’élevait le château-fort des Bourbons, intégralement démantelé, que seule notre imagination peut resituer dans ce paysage urbain malmené par le temps.

Sans doute certains se diront qu’il y a plus grand et plus beau ailleurs. Certes. Ce qui retient l’attention, dans ce chantier de rénovation, c’est aussi la modicité de la ville qui a entrepris ces travaux. Ainay-le-Château est une petite ville à la limite de deux départements, de deux régions, de deux mondes, l’un rural, l’autre forestier, dans une de ces marges souvent ignorées des grands circuits touristiques. Son investissement pour la sauvegarde de son patrimoine ainsi que pour la promotion de la Culture dans ce territoire un peu à l’écart de tout n’en est que plus remarquable.

A découvrir.

 

© Olivier Trotignon 2017

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 17:45

arbalète

Voici une pratique juridique assez commune mais rarement décrite dans la documentation régionale: le bornage, à l'aide d'une arbalète, de la franchise de l'église de Meunet, aujourd'hui Meunet-Planches, dans l'Indre.
Cette église, construite sur une terre relevant de la seigneurie d'Issoudun, dépendait de la grande abbaye bénédictine de Saint-Sulpice de Bourges. Indépendante du pouvoir seigneurial, l'église de Meunet, comme d'autres, était au centre un espace échappant à la justice et à la fiscalité laïque. Fatalement, la question de la superficie du terrain placé sous la sauvegarde du clergé se posa.
D'un coté, le seigneur avait intérêt à ce qu'elle soit la plus réduite possible, des impôts lui échappant. De l'autre, l'abbé de Saint-Sulpice était aussi collecteur d'impôts. Plus la franchise était étendue, plus les bénéfices du monastère était élevés (même si les sommes en jeu ne devaient pas être énormes). La seule façon d'éviter des palabres sans fin entre les deux parties fut de remettre à la sagesse divine l'initiative du choix des limites.
On vint donc sur place avec une "forte baliste". Quelqu'un du parti de l'abbé se mis "à la tête" de l'église et tira deux flèches, une à sa droite, une à sa gauche. Une troisième a été tirée "en dessous" (peut-être un angle de visée inférieur à l'élévation du bâtiment. A chaque point d'impact fut plantée une croix, délimitant un quadrilatère dont l'église formait le quatrième sommet. Le terme "à la tête" est équivoque mais, si on part du principe que le bourg actuel est situé à l'emplacement du bourg médiéval, on remarque que la majorité de l'espace bâti se situe dans un périmètre correspondant à la description du texte, à condition que les traits aient été tirés devant l'église, et pas à son chevet.
On pourrait disserter à l'infini sur les variables possibles pouvant aider Dieu dans son choix d'un bon point d'impact (tension de la corde, angle de tir, poids des carreaux, vitesse du vent, savoir-faire du tireur...). Sans nul doute, nos ancêtres se sont posés les mêmes.

notes au lecteur:

(1) l'arbalète, de fabrication récente, qui illustre cet article, fait partie de l'arsenal personnel des animateurs de l'association de reconstitution médiévale Les Compagnons du Sarment d'Hypocras. Je leur ai posé le problème dans ses termes, et me suis fié à leur expérience pour trouver l'arme la plus probable pour illustrer cet épisode de l'histoire berrichonne.

 

(2) Cet article a été plusieurs années hébergé par le blog "Le livre de Meslon" jusqu'à ce que lui aussi soit inaccessible. Je le réintègre donc sur le support auquel il avait été initialement dédié.

 

© Olivier Trotignon 2017

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 21:57

 

Une visite à la fontaine de saint Patrocle, au Colombier, près de Néris-les-Bains et Commentry, dans l’Allier nous donne l’occasion de jeter un regard sur l’un des plus vieux récits de l’histoire du diocèse de Bourges : comment Patrocle, prêtre berruyer, christianisa, dans le courant du Vie siècle, une partie de la zone méridionale de ce qu’on appelait déjà à l’époque le Berry.

Il est difficile de faire l’économie d’une brève bibliographie. Si plusieurs récits très largement postérieurs au décès de Patrocle sont parfois pris en compte pour écrire son histoire, seuls deux textes mérovingiens sont authentiquement contemporains du futur saint. Leur auteur, Grégoire de Tours, dans son Histoire des Francs (livre V chapitre X) et surtout dans son bref Vie des pères (chapitre IX), donne du personnage des détails autant biographiques qu’hagiographiques, souvent scrupuleusement recopiés dans la littérature contemporaine. Or, si ces détails sont incontestablement intéressants à lire, il n’est pas inutile de les replacer dans un contexte historique qui révèle toute leur valeur.

 

Grégoire de Tours indique que Patrocle est né à Bourges vers l’an 500, dans une famille de naissance libre assez cultivée pour donner à l’un de ses fils –le frère aîné de Patrocle portait un nom latin, Antonius – un nom grec peut-être puisé dans l’Iliade. Les deux frères reçoivent une instruction qui permet à Patrocle de quitter le Berry pour aller se mettre au service de l’aristocratie mérovingienne d’Île-de-France. Grégoire ne donne aucune information ni sur la nature de la mission dont est chargé Patrocle dans la sphère royale ni sur la durée de celle-ci. De retour à Bourges, il choisit de se faire prêtre, passe un certain temps comme diacre dans la cité archiépiscopale puis s’expatrie sur la limite méridionale du diocèse, dans la ville gallo-romaine de Néris, aujourd’hui Néris-les-Bains, au sud de Montluçon.

Le lieu ne manque pas d’intérêt. Importante cité du territoire biturige, Néris se trouve proche de la frontière de trois diocèses, Bourges, Clermont et Limoges, sans aucune autre ville importante aux alentours. L’emprise du pouvoir épiscopal, de part les distances qui la séparaient des grands centres urbains péri-régionaux, devait y être très faible. Cette communauté gallo-romaine, de part sa position sur des grands axes de circulation de l’Empire - elle figure sur la table de Peutinger -  avait été touchée par différentes influences spirituelles au cours de l’Antiquité : des fouilles, entre autres, ont révélé un culte d’une divinité orientale adoptée par une légion de passage par Néris. Cet environnement pouvait fragiliser la situation du Christianisme dans sa phase d’expansion et nécessiter la présence sur place d’une forte personnalité capable de faire face à toutes sortes de résistances. Patrocle, de part son expérience, a pu se charger de cette tâche.

 

J’attirerai aussi l’attention du lecteur sur une possibilité d’emprise politique du pouvoir mérovingien sur ce secteur du Berry du Sud : le cartulaire du prieuré dionysien de la Chapelaude, non loin de Néris, a contenu des copies d’actes, authentiques ou réécrits au Xieme siècle, signalant l’existence de liens entre la vallée du Cher et les souverains mérovingiens contemporains du siècle de Patrocle. Ceux-ci ne sont peut-être pas étrangers à la réussite du prêtre berrichon dans son entreprise d’évangélisation.

La première étape de l’installation du futur saint à Néris fut la construction d’un oratoire, comme si il n’y avait pas eu d’église avant. L’édification de ce lieu de culte s’accompagna de l’instruction d’enfants, sans doute fils des familles dirigeant la cité. C’est certainement dans ce vivier instruit par Patrocle que se révélèrent les futurs édiles chrétiens de Néris. Un archiprêtre est mentionné plus tard par Grégoire de Tours.

Cette étape de sa vie s’étant achevée sur un succès, Patrocle se tourna vers un univers bien différent et abandonna la sécurité de la ville pour les forêts de l’est du bassin alluvial du Cher. Au détail des instruments dont il s’équipe – une francisque et un outil de labour – on comprend que le prêtre berruyer s’est engagé dans un nouveau combat, contre la forêt, cette fois, réputée être sous l’emprise du diable et peuplée de gens que le message du Christianisme n’a peut-être jamais atteints. Patrocle va y défricher un lieu qui devient son ermitage et qui attire les populations locales, qu’il exorcise. Sans doute rejoint – la situation est classique – par des disciples, il ne renonce pas à la solitude et fixe ses nouveaux frères dans un monastère assez distant de sa cellule d’ermite où il achève sa vie à près de 80 ans, âge remarquable si le chiffre est juste.

Grégoire de Tours lui attribue, de son vivant, un grand nombre de faits miraculeux sur lesquels chacun est libre de se faire une opinion. L’histoire, dans tous les cas, est fort instructive pour éclairer la manière dont, dans ce très haut Moyen-âge, fut christianisé cette partie Sud du Berry

 

 

 

Arrêtons nous quelques instants sur la fontaine et les légendes qu’elle a inspirées. Il circule sur cet édicule une pléthore d’articles qui, comme souvent, se copient tous les uns sur les autres, au service d’intérêts spirituels multiples allant du Christianisme le plus intransigeant au paganisme le plus inspiré. Une chose, ceci dit, est certaine : aucun des écrits contemporains de Patrocle ne parle de cette fontaine.

Est-elle elle-même médiévale ? on peut le supposer, sans pouvoir l’affirmer. Il est probable qu’une partie des bassins, au moins les deux premiers, qui la composent ont été taillés au moment du chantier de construction de l’église voisine par des ouvriers spécialisés en gros ouvrages. La dernière cuvette est manifestement une ancienne meule dormante qui a été ajoutée pour peut-être disposer d’un abreuvoir supplémentaire. L’aménagement d’une source en fontaine propre et accessible est normal dans le contexte religieux et urbain de l’époque : un bourg, un chantier de construction d’une grande église et un futur prieuré rendaient un accès à de l’eau potable indispensable.

 

 

© Olivier Trotignon 2017

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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 11:38

Ouvert exceptionnellement par son propriétaire lors des Journées du Patrimoine 2017, le château de Bommiers, dans l’Indre, est un lieu d’intérêt majeur pour qui s’intéresse au patrimoine militaire des pays du Centre. Cette immense ruine de plus de quatre hectares forme un ensemble beaucoup trop complexe pour être examinée dans un simple article, aussi nous contenterons nous d’observer l’élément particulier que forme la motte castrale primitive à l’origine de ce vaste ensemble fortifié.

 

 

La motte de Bommiers peut-être qualifiée de féodale. Contrairement à d’autres de ses homologues régionales, elle matérialisait le siège d’une des plus importantes seigneuries du diocèse berrichon. Assez éloignée du centre du bourg, la première résidence des seigneurs du lieu s’élève dans un environnement humide propice à l’alimentation permanente de ses fossés. Sa basse cour, distante de plusieurs dizaines de mètres, occupait peut-être toute la superficie de l’actuelle haute cour entourée de murailles postérieures, mais aucune fouille sérieuse ne permet d’étayer ou d’infirmer cette supposition.

 

 

Outre son volume qui fait d’elle un des plus gros ouvrages de terre des environs, la motte de Bommiers conserve la trace de plusieurs aménagements successifs souvent disparus ailleurs.A l’emplacement du donjon quadrangulaire primitif élevé par les premiers chevaliers de Bommiers a été bâti en moellons calcaire un second donjon, de section circulaire, dont la base est encore visible. Cette tour, de réalisation moins soignée que la chemise qui l’entoure, peut avoir été construite au cours des dernières décennies du XIIeme siècle.

 

Très impressionnante autant par sa taille que par l’élaboration de son plan interne, la chemise extérieure, encore en partie dissimulée sous le lierre, s’inscrit dans un vaste programme de fortification observé dans de nombreux châteaux et villes de la région. Flanquée de tours à plusieurs étages avec peut-être des salles basses, équipée de grandes archères, la chemise et son donjon forment alors un élément autonome pouvant tenir un siège même en cas de perte du reste de la forteresse.

 

 

Les archives régionales et extra-régionales nous livrent un certain nombre d’informations sur la famille qui possédait cette place forte, connue dès 1046 par un acte de l’abbaye bénédictine de Saint-Sulpice de Bourges. Mes dépouillements me permettent de la suivre régulièrement jusqu’au moins en 1269, date à laquelle se manifeste pour la dernière fois un Robert de Bommiers, héritier d’une longue tradition patronymique respectée depuis le milieu du XIème.

Entre temps, les Bommiers se dépouillent au profit de nombreux monastères, parfois très éloignés du cœur de leur fief : la Chapelle-d’Angillon, Orsan, Chezal-Benoît, Fontmorigny, Beauvoir, jusqu’à Bénévent, dans la Marche.

Leur influence grandit -ce qui est compatible avec l’importance de leur château- jusqu’à devenir seigneurs d’Huriel (1252) et Montfaucon (1254).

Les plus fidèles lecteurs de ce blog se souviendront peut-être d’un ancien article à la mémoire d’une dame de Bommiers, victime d’empoisonnement et partie quérir sa guérison auprès de médecins du Languedoc, au XIVème siècle.

L’ensemble fortifié de Bommiers, situé au lieu-dit « les Minimes », est une propriété privée dont les propriétaires ne souhaitent pas être importunés par des visites intempestives, en partie pour des questions de sécurité, ce qui se conçoit aisément. Je recommande de suivre les programmes des futures Journées du Patrimoine, qui devraient être l’occasion de découvrir la forteresse de manière encadrée et sécurisée.

 

© Olivier Trotignon 2017

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 19:46

Les amateurs de patrimoine militaire médiéval savent que le lierre peut parfois dissimuler des vestiges dont la présence échappe à la vue du plus grand nombre. Il faut avoir une certaine habitude pour remarquer, jouxtant la ferme de La Forêt, sur la commune de Courçais, dans le nord-ouest de l’Allier, le volumineux massif végétal qui dissimule les ruines d’une petite forteresse dont le nom d’origine, la Forêt-Mauvoisin, plonge ses racines 950 ans en arrière.

La famille Mauvoisin, éponyme du lieu-dit, apparaît dans le cartulaire du prieuré dionysien de La Chapelaude en 1060 lorsqu’un de ses membres participe, avec d’autres guerriers du château d’Epineuil, au pillage de la maison d’un moine. Au cours des siècles suivants, nous trouvons des membres de la maison de Mauvoisin associés aux seigneurs politiquement les plus actifs de son voisinage : Huriel, Vallon, la Roche-Guillebaud et même Lignières, plus éloignée. Plusieurs filles de cette petite seigneurie se font moniales dans l’abbaye cistercienne voisine de Bussière. Au gré de mes dépouillements, j’ai pu rassembler des sources jusqu’en 1507, période à laquelle est probablement déjà bâti le château dont nous ne trouvons plus aujourd’hui que des ruines.

 

La singularité de ce site apparaît lorsqu’on cherche, sur d’anciennes photographies du début du XXe siècle, l’état d’alors de l’ensemble. Tout porte à croire que le château était encore en  partie habitable, même si le lierre avait déjà commencé à s’étaler sur les murailles. La ruine de la Forêt-Mauvoisin a donc été rapide et irréparable. Les toitures se sont effondrées, scellant l’abandon de ce lieu chargé d’un passé presque millénaire.

 

 

© Olivier Trotignon 2017

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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 15:30

 

J’ai le plaisir de vous communiquer la date, les horaires et les informations pratiques qui vous permettront, si vous en avez le loisir, d’assister à ma prochaine conférence prévue pour les Journées du Patrimoine sur le thème :

 

Populations, société et paysages entre Cher et  Marmande :

la région de Charenton des Mérovingiens aux Croisades.

 

Répondant à l’invitation de l’association « Coust, notre village », organisatrice de l’ensemble de l’animation, j’aurai le privilège de vous accueillir, si le temps le permet, au pied du donjon du château du Creuzet, sur la commune de Coust (18). Ce site, daté de la Guerre de 100 ans, propriété privée, n’est accessible qu’exceptionnellement à des groupes de chercheurs ou de spécialistes du patrimoine militaire médiéval. La confiance dont nous témoigne les propriétaires en ouvrant au public leur parc nous comble particulièrement, en nous offrant un cadre remarquable pour faire le point sur une partie de mes recherches sur le Berry du Sud à l’époque médiévale.

Pratiquement, le château du Creuzet est accessible à partir de la route qui mène de Charenton à Coust (entrée et parking fléchés). Un espace sera réservé pour les véhicules de personnes à mobilité réduite. Le comité des fêtes de Coust, que je remercie, prête pour l’occasion des bancs pour que les auditeurs puissent s’asseoir s’ils le souhaitent. Il est possible de venir, pour encore plus de confort, avec ses propres sièges.

L’animation aura lieu en deux temps séparés. La conférence proprement dite est prévue le samedi 16 septembre à partir de 17h, jusqu’à 18h30 environ. Comme rien, ou presque, ne concerne dans son contenu le site qui nous accueille, après une pause d’environ un quart d’heure, je donnerai, à celles et ceux qui le souhaite, quelques informations sur le château et la Guerre de 100 ans en Berry et Bourbonnais. Nous en profiterons pour faire le tour du monument et observer les vestiges défensifs d’un modèle rare pour la région. L’intérieur du donjon est inaccessible.

Cette conférence, gratuite, est conçue pour un public sensibilisé à l’histoire de son terroir et à celle du Moyen-âge, mais aucune connaissance spécifique n’est requise pour la suivre. A l’issue de l’après-midi, une urne sera mise à votre disposition par l’association « Coust, notre village », pour recevoir vos dons et enregistrer de nouvelles adhésions.

Cet été 2017 ayant été plus de capricieux, nous avons du envisager une base de repli en cas d’intempéries. La municipalité ouvre donc, à cet effet, l’église paroissiale, où la conférence pourrait se tenir à partir de 17h.

J’adresse ici tous mes remerciements aux propriétaires du domaine du Creuzet, qui, en accordant leur permission de disposer des abords de leur donjon, ont grandement favorisé l’organisation de ma conférence..

Au plaisir de vous y retrouver.

 

© Olivier Trotignon 2017

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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 07:36

Voici un événement qui, comme tant d’autres, n’a pas laissé d’empreinte directe sur l’Histoire régionale, mais que nous pouvons saisir grâce à une de ses conséquences indirectes.

L’affaire concerne un certain Jean Rigaud qui, en 1356, obtint une rémission de la justice royale pour le meurtre de Guillaume Tassart. Cette affaire, très banale dans le quotidien judiciaire de l’époque, attire notre attention par le motif de l’homicide : Rigaud, revenant d’une revue militaire à Concressault en tenue de guerre, se fit moquer de lui par le dit Tassart, qu’il tua en retour.

Ce qui provoqua les sarcasmes de la victime nous échappe complètement, mais on peut imaginer que notre soldat d’un jour s’était équipé avec des fournitures dépareillées ou obsolètes,  ou qu’il avait un peu trop forcé sur les rubans et les colifichets pour attirer l’œil, ou encore qu’il ait paradé dans son village un peu comme le faisaient naguère certains appelés en permission.

Le plus intéressant de l’affaire tient dans les circonstances qui amenèrent Jean Rigaud à revêtir, alors qu’il n’était ni homme d’armes professionnel, ni chevalier, une tenue de guerre. Répondant à la convocation du prévôt de Concressault, notre homme s’était rendu dans cette petite ville pour participer à une revue militaire, c’est à dire à une inspection des hommes et des matériels de combat mobilisables en cas de nécessité. Le lieu a toute son importance car, contrairement à la grande majorité des châtellenies berrichonnes, Concressault n’était plus le fief d’un seigneur local, mais avait été acquise quelques années plus tôt par le roi de France (qui avait en 1351 confirmé les droits accordés aux habitants par les anciens seigneurs).

Nous observons ainsi, même si les détails nous manquent, une des dispositions concrètes prises par la monarchie française pour contrer les risques engendrés, au début de la Guerre de 100 ans, par la menace anglaise et la circulation de bandes de routiers dans les campagnes du royaume : mobiliser, autour des officiers royaux et certainement de quelques soldats de métier les habitants dépendant de son autorité pour former des milices. L’efficacité d’une telle mesure, en terme militaire, n’a pas dû être flagrante.

 

© Olivier Trotignon 2017

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 00:40

Certains d’entre vous savent que je travaille depuis plus de vingt ans sur l’anthroponymie médiévale berrichonne. C’est en visitant l’abbatiale auvergnate de Mozac, guidé par les membres du Cercle Historique Mozacois, que je salue très cordialement, que m’est venue, en détaillant l’extraordinaire châsse en émaux limousins conservée sur place, l’idée de comparer les noms des évangélistes et des apôtres à mes listes de patronymes constituées au cours de mes recherches.

Dans une région dominée de manière écrasante par les noms d’origine germanique depuis la période carolingienne (avant, les sources sont presque inexistantes), les noms puisés dans la tradition judaïque et chrétienne côtoient des noms latins, romans, puis plus modernes à la fin de la période. Parmi eux, les anthroponymes hérités des évangélistes connaissent des sorts très divers. Jean, qui domine toute la période médiévale n’apparaît qu’à partir de 950, Matthieu, connu sous sa forme Mathias, se fixe vers 1050 alors qu’il faut attendre la Renaissance pour que Luc se signale. Quand à Marc, il est totalement inconnu en Berry pendant les sept siècles que couvre mon étude.

Les noms d’apôtres sont aussi très lents à se diffuser. Seul André (à partir de 800) est en usage avant la période féodale, qui voit peu à peu s’installer Pierre et Tadon (qui semble une forme locale de Thaddée) vers l’an 1000, puis, un demi-siècle plus tard Bartholomé, Thomas et Simon s’ajoutent à Mathieu. Il faut attendre le milieu du XIIe siècle pour rencontrer Philippe et encore deux siècles supplémentaires pour voir les Berrichons employer le nom Jacques. Aucune source ne cite Judas ou encore Nathanaël.

Le lecteur aura noté l’importance des années 1050, qui correspondent à l’épanouissement de la Réforme grégorienne en Berry et à la généralisation de nouvelles règles dans la désignation des individus (de plus en plus de noms sont complétés par un surnom, ancêtre de nos noms de famille). Vraisemblablement, une culture plus biblique fait son chemin dans la société d’alors. L’absence de certains noms, comme Marc, n’a pas trouvé d’explication.

© Olivier Trotignon 2017

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 13:34

Voici un monument souvent oublié sur les cartes indiquant les emplacements de lanternes des morts médiévales. Son existence, trop injustement méconnue, mérite un rappel auprès des amateurs de ce patrimoine funéraire très particulier et des simples curieux attirés par la petite architecture du Moyen-Âge.

La lanterne de Vouillon est un petit édifice en excellent état (si on veut bien oublier l’affreux crucifix de fonte planté en son sommet) taillé dans le calcaire local. La modicité de sa taille explique peut-être le peu de publicité qui lui est faite contrairement à d’autres monuments du même type sis dans l’Indre, comme ceux de Celon (objet d’un précédent article) ou de Saint-Genou (que nous décrirons un peu plus tard dans l’été). Le corps de la colonne est plein, le logement du fanal de petite dimension, on devait donc y accéder avec une échelle, contrairement à la plupart des monuments dont le tronc était évidé et muni de poulies pour les manipulations de leurs lampes.

Comme d’autres lanternes, elle s’élève assez loin du cœur du village et de son église, marquant, ce qui est loin d’être exceptionnel, l’existence d’un ancien cimetière périphérique que certaines sources rattachent à la présence d’un ancien prieuré, ce que je n’ai pas vérifié. Géographiquement, elle est l’une des lanternes des morts les plus septentrionales qui restent conservées, assez distante de la Marche et des Charentes où l’on recense la plus grande densité de ces petites constructions funéraires.

L’accès au site est très facile : il suffit, en sortant du village en direction de Lignières/Saint-Amand-Montrond, de prendre la première petite route à gauche (direction Planches). La lanterne est presque au bord de la voie.

 

© Olivier Trotignon 2017

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 16:32

 

Après plusieurs mois de silence, le blog Berry médiéval semble à nouveau en état de fonctionner (presque) comme avant. J'en profite pour vous faire part d'un projet très avancé de conférence prévue pour le samedi 16 septembre 2017 sur le site du château du Creuzet, à Coust ou, en cas de mauvais temps, à l'intérieur de l'église romane du village. Le thème, à affiner, portera sur l'occupation humaine, les paysages, les modèles politiques et les ordres religieux de la fin de l'Empire romain à la Guerre de 100 ans, dans les vallées du Cher et de la Marmande. Dès que projet sera prêt à être annoncé officiellement, tous les détails sur cette animation seront à lire sur ce blog.

Merci de votre fidélité!

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Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
- l'Ordre cistercien en Berry;
- les ordres religieux en Berry au M.A.;
- la femme en Berry au M.A.;
- politique et féodalité en Berry;
- le fait religieux en Berry de la conquête romaine au paleo-christianisme...
- maisons-closes et la prostitution en Berry avant 1946 (animation réservée à un public majeur).
Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
Berrymedieval#yahoo.fr  (# = @  / pour éviter les spams)
Merci de diffuser cette information à vos contacts!

Histoire locale

Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

L'âne du Berry


Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

Histoire et cartes postales anciennes

paysan-ruthène

 

Cartes postales, photos anciennes ou plus modernes pour illustrer l'Histoire des terroirs:

 

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NON aux éoliennes géantes

Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon.
Argumentaire à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon: non à l'éolien industriel 

contacts avec l'auteur


J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.