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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 14:56

priorale de La Chapelaude

 

C’est un épisode abondamment documenté de l’histoire du Berry méridional que celui de la restauration du très ancien prieuré de La Chapelaude, sur lequel il semble que tout ait été dit, qui a retenu mon attention suite à des lectures récentes.

Cet évènement est connu grâce aux travaux de l’archiviste bourbonnais Martial-Alphonse Chazaud, qui, au XIXe siècle, a eu la patience de réunir les copies de la majorité des actes du cartulaire de ce monastère, déjà perdu à son époque. Cette mine documentaire nous permet de reconstituer la genèse du retour des moines de l’abbaye de Saint-Denis, près de Paris, dans leurs anciennes possessions berrichonnes. Chazaud lui-même, ainsi que plusieurs autres érudits, ont largement publié en leur temps sur le sujet, qui semble aujourd’hui épuisé.

Il demeure toutefois un détail qui a échappé aux chercheurs: l’identité exacte du chevalier qui restitua aux moines dyonisiens leur légitimité de propriétaires terriens dans la région de La Chapelaude.

Les origines du prieuré de La Chapelaude se situent dans cette longue période très peu documentée qui précède l’avènement du système féodal. La désagrégation des institutions carolingiennes s’est traduite par une  érosion des contacts que l’abbaye parisienne entretenait avec ses domaines ruraux qui, une fois tombés en déshérence, passèrent sous la coupe de diverses autorités locales que personne n’osait contredire.

La nouvelle forme d’administration de l’espace que représenta le système féodal procura au clergé un cadre assez solide pour rentrer en possession de ses biens spoliés. La réforme grégorienne fournit une motivation spirituelle suffisante pour que de nombreux féodaux rendent à l’Église les droits et terres qu’elle réclamait.

Afin de préparer le retour de ses frères en terre berrichonne, un moine vint occuper une maison à Audes. Il est probable que ce religieux réussit à convaincre les seigneurs locaux d’assurer le salut de leurs âmes en restituant à Saint-Denis ses anciennes possessions. Le premier d’entre eux, connu sous le nom latin de Johannes de Sancti Caprasii miles, a longtemps retenu mon attention à cause de plusieurs détails intrigants.

Son nom fut traduit par M.A. Chazaud en Jean de Saint-Caprais, chevalier, orientant naturellement la localisation de son fief autour de la petite paroisse de Saint-Caprais, non loin du château d’Hérisson, dans le département de l’Allier. Or, qu’on soit sur place ou qu’on examine les clichés satellite de ce terroir, on ne remarque aucune trace d’activité féodale. Le bourg est minuscule, aucun vestige de fortification n’est apparent, ce qui surprend quand on sait que Jean de Saint-Caprais portait le titre, encore rare en cette mi-XIe siècle, de chevalier. Autre motif d’étonnement: il n’y a aucune trace de donations dans le périmètre de la paroisse supposée éponyme, tout ce que le chevalier et ses descendants ont donné ou contesté au prieuré dyonisien se trouve proche de la celle monastique.

 

 

abbaye de Bonlieu

 

C’est, il faut l’avouer, un peu par hasard que la solution à cette anomalie est apparue. En consultant la copie du cartulaire de l’abbaye cistercienne de Bonlieu, mis en ligne par les Archives départementales de la Creuse, j’ai relevé à plusieurs reprises le toponyme, devenu anthroponyme, de Sancti Caprasii, porté par une famille chevaleresque originaire de la paroisse de Saint-Chabrais, près de Chénerailles, à une soixantaine de kilomètres au Sud-Ouest de La Chapelaude. Au regard des actes de piété consentis par ces gens au profit des Cisterciens creusois, on peut, je pense, réfuter la traduction proposée par Chazaud, et admettre les Saint-Chabrais comme fondateurs du nouveau prieuré de La Chapelaude. Plus tard, cette famille s’est intéressée au sort des Cisterciens des Pierres et place une des siennes, âgée, parmi les moniales cisterciennes de l’abbaye de Bussière.

Dès le XIe siècle, des liens sont attestés avec la seigneurie d’Huriel, et confirmés au XIIIe siècle.

Nous observons là un nouveau parallèle entre l’histoire du Berry du Sud et celle de la Marche, qu’aucune limite à part celle, théorique, des diocèses, ne semble avoir séparées. Nous relevons de plus une preuve supplémentaire de la grande hétérogénéité de certains petits fiefs, possédant des dépendances dans des espaces éloignés du cœur des seigneuries.

 

abbaye des Pierres

 

© Olivier Trotignon 2021

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14 juin 2021 1 14 /06 /juin /2021 15:53

Chacun qui connait mon travail sait que je n’ai pas pour principe de vanter les mérites de lieux patrimoniaux archi-connus, comme d’autres le font si bien, avec, comme cible principale, le porte-monnaie des touristes, surtout quelques semaines avant le début des congés d’été.

L’endroit que je tiens à vous faire partager est un peu à l’écart de tout: pas de grande ville proche, ni de route des vacances, pas de grand site naturel dans le voisinage, pas de signalétique dédiée,  juste un patrimoine médiéval absolument remarquable qui a retenu toute mon attention.

Soyons juste: d’autres, maîtrisant le sujet bien mieux que moi, ont publié sur cet endroit. Me refusant à vampiriser leurs écrits, par respect envers leurs recherches, je me contenterai de décrire le lieu tel qu’il m’est apparu, avec l’espoir de vous donner envie de le découvrir à votre tour.

Germigny-l’Exempt est une petite commune sise dans le bocage du nord de l’ancien duché du Bourbonnais. Bien avant l’apparition de cette entité politique tardive, cette paroisse dépendait de la seigneurie de Bourbon. C’est là que l’un de ses seigneurs fit élever une forteresse que Suger qualifie de munitissimum castrum « un château très fortement armé » qui fut l’objectif d’une chevauchée au début du XIIe siècle menée par le roi Louis VI, épisode dont j’aurai à reparler dans un futur billet.

Si le gros donjon que le roi de France trouva sur sa route a aujourd’hui malheureusement été complètement rasé, le regard du visiteur est accroché, des kilomètres à la ronde, par un clocher monumental sans équivalent dans la région.

Haut de plus de trente mètres, ce clocher qui doit représenter des centaines de tonnes de pierre et de bois repose sur un porche beaucoup plus large que sa base, dessiné pour supporter cet exceptionnel massif de maçonnerie. Il ne m’a pas été possible de photographier l’édifice dans la totalité de son élévation, faute du recul nécessaire. J’ai choisi de reproduire un ancien cliché pris à une époque où la végétation était moins abondante. Comme c’est le cas dans une autre église de la région de bien plus petite taille, Ainay-le-Vieil, les deux entrées latérales du clocher-porche de Germigny sont condamnées.

Cette modification du porche explique peut-être la conservation de quelques traces de polychromie sur le superbe tympan surmontant l’entrée du sanctuaire, que les historiens de l’Art ont daté du XIIIe siècle. Sculptée dans un calcaire très fin venant certainement des carrières de Charly, cette Adoration des Mages est une des plus belles œuvres gothiques visibles dans le diocèse berrichon.

On note avec regret la disparition des deux statues colonnes qui encadraient la porte de l’église. Connues par une gravure ancienne, elles ont été victimes de ce terrible laisser-aller qui a longtemps permis à des riches collectionneurs, parfois originaires d’outre-Atlantique, de faire impunément leurs emplettes d’éléments patrimoniaux nationaux pour enrichir leurs collections.

Connaissant l’intérêt de tout un public pour le patrimoine médiéval de qualité, il me semble que l’église de Germigny-l’Exempt a toute sa place sur un itinéraire de découverte menant à Bourges, à Nevers, à la Charité-sur-Loire ou même à Saint-Benoît-sur-Loire.

© Olivier Trotignon 2021

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15 mai 2021 6 15 /05 /mai /2021 08:59

Voici quelques années, j’avais rédigé sur ce blog un billet sur un instrument d’une grande rareté: une cloche médiévale, datée du XIIIe siècle, suspendue dans le clocher de l’église d’une commune du sud du département du Cher, Sidiailles. Á partir de la collecte de divers renseignements, j’avais alors émis quelques hypothèses sur ses origines, sans avoir eu l’occasion d’approcher l’objet.

Dernièrement, cette opportunité s’est présentée grâce à l’initiative de la société Deep Explorer et l’autorisation de la mairie de Sidiailles. L’observation de divers détails sur la cloche m’incite à préciser certaines informations antérieures formulées dans ce premier article.

 

Les cloches médiévales en Berry du Sud

 

En 1937, dans un intéressant article publié dans les Mémoires de la Société historique, littéraire et scientifique du Cher, l’historien Robert Gauchery recensait dans le Cher plusieurs cloches médiévales ayant échappé aux injures du temps, pillages, réquisitions révolutionnaires ou tout simplement refonte pour produire de nouveaux timbres. Jugeant plusieurs d’entre-elles contemporaines sinon antérieures à celle de Sidiailles, il reconnaissait volontiers à ce dernier instrument une place privilégiée dans le patrimoine campanaire régional et national. Non seulement la cloche de Sidiailles est ornée d’inscriptions modelées avec beaucoup de soin - la plupart des autres sont anépigraphiques - mais elle est une des rares en France de cette époque à porter une date, 1239. Depuis le début des années 2000, Sidiailles ajoute un autre record à un palmarès déjà honorable: sa cloche est la plus ancienne de l’Hexagone à être encore en activité en sonnant les angelus. Cette prouesse est rendue possible par sa restauration, en 2000, par la société Bodet, spécialiste en la matière. Plusieurs autres cloches dans la région sont en mauvais état, usées par le temps, et ne sont plus liées à aucune corde ni frappées depuis longtemps.

Un emplacement inattendu

 

Une curiosité: la cloche médiévale est installée dans une église bâtie dans la seconde moitié du XIXe siècle, en remplacement du sanctuaire primitif, qu’on suppose de facture romane. La modicité des dimensions du clocher rend malaisé son accès et quasi impossible, faute de recul, la lecture de l’ensemble de l’inscription qui figure sur sa partie haute. Contrairement à ce qu’on rencontre dans d’autres clochers où les instruments de bronze sont à une hauteur supérieure à  celle d’un individu, un plancher permet d’examiner assez facilement une partie des lettres et des signes qui forment la légende.

L’inscription

 

La totalité de l’inscription a été recopiée à plusieurs reprises. Toutes les sources s’accordent sur la formule latine:

 

« MENTEM : SANCTAM : SPONTANEAM : HONOREM : DEO : QUE : PATRIE : LIBERATIONEM : »

 

dont la traduction littérale n’a que peu d’intérêt. Il s’agit d’une formule classique du passé campanaire: afin de préserver leurs clochers de la foudre, certains commanditaires faisaient inscrire sur les cloches qu’ils faisaient fondre une antienne du culte de sainte Agathe, réputée pour conjurer le feu, l’incendie et la foudre. Cette formule est connue dans plusieurs sites occidentaux médiévaux et post-médiévaux. On apprend avec intérêt qu’un instrument contemporain du timbre de Sidiailles a été repêché au large de la côte israélienne, non loin de Saint-Jean-d’Acre, probablement perdu au moment de la fuite des Chrétiens devant la prise imminente de la ville par les Musulmans.

Tout aussi vide de sens pour l’histoire locale est la date:

 

« . ANNO : DEI : M : CC : XXX : IX : »

 

Aucune source locale ou régionale ne contient le moindre élément qui puisse relier la fonte de la cloche de Sidiailles à un évènement quelconque. Nous reviendrons sur ce point.

Deux autres signes, dont l’interprétation est ambigüe, seront évoqués plus bas.

Les différentes hypothèses sur son origine

 

Comme on pouvait s’y attendre pour des périodes aussi anciennes, il n’existe nulle trace de la cloche dans les chartes locales, aussi peut on se poser une première question candide: est-elle vraiment originaire de Sidiailles? Les évergètes ayant financé la reconstruction de l’église auraient-ils pu en faire l’acquisition ailleurs?

Sans entrer dans les détails, il est certain que plusieurs éléments de l’ancienne chapelle se retrouvent dans l’église neuve. Sauf preuve du contraire, la cloche a été déposée au moment de la démolition du vieil édifice et a été replacée dans le  nouveau clocher. Ceci conduit à une autre interrogation: pourquoi une cloche de si belle qualité s’est-elle retrouvée dans le clocher d’une petite paroisse du Berry? Les autres instruments recensés par R. Gauchery sont tous de facture plus grossière, et ont sonné dans des terroirs plus riches et peuplés que le lieu qui nous occupe.

J’avais primitivement émis l’hypothèse d’une translation de la cloche de la chapelle Sainte Valérie, attachée au château voisin de la Roche-Guillebaud. Ses seigneurs auraient eu les moyens financiers de commander la fonte de ce bel objet. La taille de l’instrument infirme cette proposition. La chapelle de la Roche était une simple chapelle castrale et son clocher était trop petit pour supporter le poids d’Agathe (tel est son nom). Par comparaison, la sonnaille qui se trouvait dans la chapelle du château de Montrond est conservée au musée municipal de Saint-Amand; il s’agit d’une pièce de beaucoup plus petite taille. J’exclue donc la Roche-Guillebaud comme origine de notre cloche.

Enquête chez les Cisterciens

 

La piste la plus probable nous conduit, à quelques kilomètres du bourg de Sidiailles, vers les ruines de ce qui fut, au XIIIe siècle, un des monastères les plus importants du Berry du Sud, l’abbaye des Pierres, beaucoup moins connue, aujourd’hui, que celle de Noirlac, mais dont le rayonnement spirituel passé égalait et même dépassait celui de son homologue de la vallée du Cher. La thèse la plus couramment émise est celle d’un transfert de la grosse cloche des moines vers l’église de Sidiailles au moment de l’abandon des bâtiments des Pierres. Est-il possible de valider définitivement cette proposition?

 

L’étude des archives ne nous livre aucune information. La date de 1239 n’éveille aucun écho dans le chartrier de l’ancien monastère. Qu’il n’y ait rien ne signifie pas qu’il n’y a rien eu, naguère. Les Pierres ont été victimes de plusieurs pillages et ses archives nous sont parvenues amputées d’une partie de leur contenu, sans doute définitivement perdu. La cloche peut tout à fait avoir été offerte par une personnalité, comme d’autres offraient des rentes et des terres, pour une sépulture dans le sous-sol monastique ou le salut de leur âme.

Un de mes lecteurs avait, lors de la publication de mon premier article sur Agathe, réfuté l’origine cistercienne au motif que le diamètre de l’instrument était supérieur à ce que préconisait Cîteaux. Considérant les nombreuses entorses à la règle de l’Ordre que commettaient les abbayes sur lesquelles j’ai travaillé, cet argument ne peut être retenu, surtout si la cloche est le produit d’un acte de donation.

Il reste un détail, lui aussi insignifiant, mais qui ne peut être occulté, évoqué par Robert Gauchery. Après le millésime de la cloche figurent deux lettres:

 

« A : M  »

 

que l’historien interprète comme les initiales d’une dédicace à la Vierge: « AVE MARIA ». Sachant que les monastères cisterciens étaient tous placés sous la protection virginale, ce détail pourrait être le lien que l’on cherche entre notre cloche et l’abbaye des Pierres. Hélas, en observant sur place la totalité de l’inscription dans le bronze, une autre interprétation se dessine. Par comparaison avec le reste du texte, nous voyons que le « A » est identique aux autres de son espèce.

Le « M », lui, est bien un « M », fondu avec le même moule que ses homologues, mais placé à l’envers, produisant un omega minuscule en onciale tout à fait acceptable. Aucune autre empreinte employée par le fondeur ne permettait de produire un alpha, celui-ci n’ayant que des gabarits en lettres gothiques et onciales. L’évocation de Dieu est très claire, ne réfute pas pour autant l’hypothèse cistercienne mais est trop commune à l’ensemble de l’Eglise pour nous éclairer.

Voir la cloche

 

Agathe, comme ses consœurs médiévales ou non, n’a pas été fondue pour être admirée. Il est pourtant possible de la voir grâce à un original système de caméras reliées à une borne interactive disposée devant l’église.

Tous mes remerciements vont à Perrick Boyer et sa collègue, auteurs du documentaire qui inclura prochainement une séquence filmée dans le clocher de Sidiailles, ainsi qu’à madame Florence Lerude, maire de Sidiailles, qui a permis et favorisé l’accès à l’édifice, sans oublier Cédric Parot, sans les encouragements duquel j’ai bien failli renoncer, face aux lois de la gravité.

© Olivier Trotignon 2021

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 09:41

 

Je me souviens encore, alors que nous effectuions des prospections sur le tracé de la future autoroute A 71, au début des années quatre-vingt, du retour au camp de base d’une de nos équipes: une motte féodale avait été découverte et un tel évènement avait de quoi mettre en liesse notre petite communauté d’archéologues. Ce n’est que bien plus tard qu’il me fut donné de constater que l’enquête bibliographique préalable aux visites sur site avait été réalisée avec une certaine légèreté par ce qu’on appelait encore la Direction des Antiquités Historiques du Centre (ancêtre de la DRAC): la motte des Grands Fossés avait été identifiée presque cent ans plus tôt et était visible autant sur le cadastre napoléonien que sur les photographies aériennes des années cinquante.

 

Je suis retourné voir cette motte qui m’avait laissé le souvenir d’un site atypique.

La butte médiévale est érigée sur une pente de terrain très faible, mais suffisante pour récolter des eaux de ruissellement propres à garder humides ses fossés. Ce modèle est connu sur d’autres ouvrages défensifs locaux (mottes et maisons-fortes). Sa plate-forme est curieusement concave, marquée par la trace d’une excavation assez récente (sans doute consécutive à une recherche de trésor). Il est possible que l’assise de l’ancien donjon se soit tassée avec le temps, produisant cet effet de cuvette assez déroutant.

 

 

 

La seule activité qu’on y constate est la présence de sangliers qui utilisent ses fossés pour se souiller.

La fonction primitive de cette motte reste à définir. Le cadastre et les photos d’altitude ne révèlent aucune structure annexe, comme une basse-cour. Les fermes voisines sont à portée de vue, mais aucune n’est vraiment proche du site (cette situation s’observe dans d’autres communes du secteur). Enfin, même si la région est assez bien documentée, je n’ai mis en évidence aucune relation entre ce lieu-dit et la hiérarchie féodale locale.

La solution est peut-être à chercher autour de ces anciens chemins, encore visibles sur les premières photos aériennes et victimes du remembrement. Nous savons que la région  était assez active aux XIIe-XIIIe siècles: plusieurs seigneurs, prieurés et granges cisterciennes sont connus dans un périmètre proche. La hiérarchie qui a pris l’initiative d’investir ses deniers dans une petite forteresse aux Grands Fossés avait peut-être un objectif plus économique que militaire.

 

© Olivier Trotignon 2021

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30 mars 2021 2 30 /03 /mars /2021 10:18

Le site internet des Archives départementales de la Creuse donne accès à plusieurs excellents outils de recherche en Histoire médiévale, parmi lesquels plusieurs cartulaires d’abbayes marchoises.

Même si ces monastères étaient établis dans l’aire du diocèse de Limoges, la lecture de leurs actes peut se révéler très instructive pour comprendre les liens qui existaient entre la Marche limousine et le Berry.

Le très riche cartulaire de l’abbaye cistercienne de Bonlieu permet de prendre note de l’existence de plusieurs granges appartenant à ce monastère dans la proche région de Montluçon, particulièrement dans les paroisses d’Huriel et de Domérat. Un autre texte signale une propriété des Cisterciens creusois dans l’actuelle commune de Premillat. Si on feuillette l’ensemble du document, on constate que les seigneurs de Montluçon et d’Huriel ont participé à la constitution du temporel des moines de Bonlieu.

Inversement, on retrouve dans les chartes de Bonlieu les noms de plusieurs seigneurs de la Marche ayant eux-mêmes été impliqués, comme donateurs ou comme témoins, dans la restauration du prieuré de la Chapelaude, propriété de l’abbaye de Saint-Denis, et dans la dotation en droits et en terres de l’abbaye cistercienne des Pierres, ces deux établissements étant du diocèse de Bourges.

 

La vallée du Cher vue du donjon d'Huriel

 

Dans de précédentes recherches, il m’a été donné de constater un fort tropisme des féodaux du sud du Berry en direction du nord de l’actuel Limousin (dans ses limites administratives). Les Berrichons du Sud, à égale distance et sans relations d’homme-à-homme affirmées, sont plus présents, à partir du XIe siècle, en Marche que dans l’ensemble du territoire soumis à l’autorité des archevêques de Bourges. L’origine de ces liens pourrait être linguistique. La Marche, jusqu’à une date très récente, était un espace où se parlait une langue différente de l’Occitan, dont on perçoit des bribes dans certains actes médiévaux de Bonlieu. Il est bien possible que dans le Montluçonnais, la haute vallée de l’Arnon et une partie du Berry du Sud, on se soit exprimé en Marchois plus souvent qu’en Français à l’époque des Croisades.

 

note: les vestiges de l’abbaye de Bonlieu sont une propriété privée et ne sont pas libres d’accès.

 

© Olivier Trotignon 2021

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28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 19:31

Avec un peu d’expérience, il n’est pas difficile de repérer dans le paysage de bocage du sud du Berry la trace d’anciens étangs. Des chaussées de terre, plus ou moins longues et plus ou moins hautes barrent encore des cours d’eau dont elles ne retiennent plus les eaux. Parmi ces levées, certaines sont d’origine médiévale. Contrairement au patrimoine monumental qui est assez facile à dater par l’observation de son architecture, sans l’aide de l’archéologie qui peut livrer des éléments céramiques ou des pièces de bois anciens analysables par dendrochronologie, le seul moyen pour évaluer l’âge d’un étang, abandonné ou encore en eau reste la recherche sur archives.

J’ai choisi, pour illustrer ce thème, de me pencher sur le cas du grand étang de Villaine, dans l’ancienne paroisse d’Orcenais, dans le Cher, sur lequel nous sommes assez bien documentés.

 

Se procurer du poisson dans la vallée du Cher, à l’époque médiévale, peut sembler facile. De récentes recherches subaquatiques ont démontré l’existence de pêcheries dans le lit de la rivière. Ces structures légères, sans doute efficaces, étaient à la merci des crues du Cher, qui peuvent aujourd’hui encore être dévastatrices.

Ces crues pouvaient, en revanche, inonder les nombreux bras morts marquant la basse terrasse alluviale, dans lesquels se trouvaient piégés des poissons, faciles à capturer au filet. Ces deux modes de pêche pouvaient fournir un appoint appréciable en terme d’approvisionnement des communautés, civiles ou religieuses, voisines de la vallée, mais étaient incapables de leur garantir un apport de nourriture régulier.

La construction de retenues artificielles offrait la meilleure solution à ces deux problèmes, qui devenaient de plus en plus sensibles avec la croissance démographique. Deux options s’offraient alors: endiguer un bassin recueillant des eaux de ruissellement ou barrer le cours d’un ruisseau avec le même impératif: s’assurer d’un apport d’eau suffisant pour éviter les assecs accidentels en cas de sècheresse prolongée, synonymes de perte de l’ensemble de la ressource piscicole. Dans la région de Saint-Amand-Montrond, un site présentait toutes les qualités requises pour la création d’un étang de grande taille: la vallée de la Villaine.

Ce gros ruisseau affluent du Cher présente des conditions idéales. Son étiage est régulier, sa vallée profonde et étroite, facile à endiguer, est taillée dans des argiles du Lias. Elles sont assez imperméables pour garder l’eau et leur composition favorise le développement de micro-organismes dont se nourrissent les poissons (carnassiers mis à part).

A quelques centaines de mètres d’Orcenais, la vallée de la Villaine se resserre en un point qui fut choisi pour élever la digue de ce que les textes garderont le souvenir comme du grand étang de Villaine.

Travaillant seul, il ne m’a pas été possible de mesurer la longueur et la hauteur du terrassement médiéval. J’ai juste pu évaluer l’assise au sol à une vingtaine de mètres, la digue ayant été coupée par une ancienne ligne de chemin de fer.

Sans appui de l’archéologie, il est impossible de reconnaître les aménagements successifs qui ont modifié la superficie de la retenue. En 1309, par exemple, la chaussée est surélevée par les moines de Noirlac. Les cartes anciennes montrent que cette chaussée a servi de chemin entre différents lieux-dits, autant de raisons d’ignorer la taille primitive de l’étang. En revanche, si on se fie à l’élévation actuelle de la digue et qu’on la projette en suivant la courbe de niveau correspondante, on voit se dessiner une pièce d’eau longue et étroite, épatée vers la queue (détail visible sur la carte de Cassini et le plan Barbier), d’une quarantaine d’hectares, ce qui en fait un des plus grands étangs du secteur.

Aucun document retrouvé à ce jour ne permet de dater le début des travaux de barrage du cours d’eau. On sait que l’étang existe en 1252 et est la propriété d’un chevalier de la paroisse voisine d’Orval, dominus Humbaudus de Orvallo miles, dont la première apparition dans les textes remonte à 1230. Son père présumé, Guillaume d’Orval, se manifeste en 1190. Le chantier de Villaine peut commencer à l’initiative de l’un ou l’autre de ces féodaux.

Ce n’est que plus tard, en 1282, que l’abbaye de Noirlac devient, par achat, propriétaire de l’étang jusqu’à la Révolution.

Peu à peu, les moines complètent leur patrimoine halieutique en ajoutant plusieurs étangs alimentés par la Villaine et des ruisseaux affluents par achats, dons ou échanges de terres. Ces étangs connaissent des fortunes diverses jusqu’à la Révolution. Si certains sont délaissés et un, celui de Malherbe, en aval du grand étang, asséché, une abondante documentation prouve que le grand étang de Villaine est bien géré et produit du poisson jusqu’en 1789. Je n’ai pas trouvé trace de son assèchement consécutif à la Révolution, qui décide, pour des motifs souvent purement idéologiques, la disparition et la mise en culture d’une multitude de lacs artificiels hérités du Moyen-Âge et de l’époque moderne.

© Olivier Trotignon 2021

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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 17:52

Il n’est plus question de présenter l’abbaye de Noirlac. Ce monastère, dont les bâtiments imposants et apaisants illustrent parfaitement l’architecture cistercienne, n’a pas toujours été le lieu de paix et de recueillement que certains se plaisent à imaginer en visitant son cloître et ses jardins. L’abbaye fut même durement touchée par les incursions anglaises des années 1360. La région, partagée entre les deux duchés de Berry et de Bourbonnais (Noirlac était en Bourbonnais) pâtit de la détention en Angleterre des deux ducs Jean de Berry et Louis de Bourbon, faits prisonniers à la bataille de Poitiers.

Plusieurs incursions anglaises et la présence dans le pays de soldats en maraude convainquit l’abbé de fortifier son couvent. Un acte des Archives départementales du Cher, daté de 1423 confirme la permission donnée antérieurement par le connétable Charles d’Albret, tenant le château de Montrond, de fortifier Noirlac, d’y bâtir un fort et d’élire une capitainerie pour commander cette nouvelle place-forte. En 1489, un autre acte, passé au château de Montrond, décharge l’abbé de l’obligation de rémunérer le capitaine sur les revenus du monastère. En 1524, le fort est encore opérationnel, toujours commandé par un capitaine.

La confirmation de Guillaume d’Albret des droits accordés par son père avant 1423 donne des détails intéressants. Il est question de fortifier le bâti existant et de construire un fort, aujourd’hui totalement disparu du paysage monumental. Ce fort pourrait être ce donjon, signalé par plusieurs auteurs, dont l’emplacement reste un sujet de débats. En revanche, les différentes opérations d’archéologie préventive menées ces dernières années par les chercheurs de l’INRAP ont prouvé la présence d’un fossé, certainement en eau au vu du contexte hydrologique du site, comblé lors du démantèlement du fort, qui correspond certainement à ce qu’entendait le seigneur d’Albret lorsqu’il évoquait la fortification du site. On notera enfin la présence de plusieurs meurtrières calibrées pour des couleuvrines dans le mur du dortoir des convers.

Ces ultimes éléments de protection armée de l’abbaye rappellent que du début de la Guerre de cent ans jusqu’aux troubles de la Fronde, au XVIIe siècle, la région de Noirlac connut des épisodes violents contre lesquels les moines avaient appris à se protéger.

 

© Olivier Trotignon 2021

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23 décembre 2020 3 23 /12 /décembre /2020 11:09

La période compliquée que nous vivons, et les restrictions de circulation de ces derniers mois ne m’ont pas permis d’aller sur le terrain ou aux archives pour rechercher de nouveaux thèmes à publier. Aussi me contenterai-je d’évoquer une légende pseudo-médiévale qui a circulé pendant de longues années dans le secteur où j’ai grandi: la Table des trois seigneurs.

A l’époque où j’ai commencé à m’intéresser à l’Histoire, locale en particulier, je récoltais avec plaisir toutes les anecdotes sur le passé de ma région, fondées ou non. L’une d’elles revenait souvent: il aurait existé dans les bois au nord de Saint-Amand-Montrond, dans la forêt de Meillant, un monument étrange. Au lieu-dit carrefour de la Table des trois seigneurs aurait été bâtie une sorte de table de pierre à laquelle venaient s’assoir, au Moyen-Âge, trois nobles pour discuter, en limite de leurs domaines respectifs, de leurs affaires.

 

Les preuves objectives de l’existence de cet élément patrimonial reposaient sur des cartes postales anciennes montrant l’endroit peuplé d’une joyeuse foule venue en voiture à âne partager un repas autour d’une grosse pierre triangulaire entourée d’étranges sièges de pierre. On distinguait des inscriptions en lettres gothiques sur chaque face du volume, pas toujours lisibles. Au abords immédiats se trouvaient fichées dans le sol plusieurs grosses pierres dont une très certaine ancienne borne de limite de propriété.

 

Une visite récente dans le parc du château de Meillant m’a permis de voir enfin le monument, déplacé à une date que j’ignore de la forêt aux abords des douves de l’ancienne forteresse.

La table est en mauvais état, brisée en deux blocs; les sièges sont informes. Des traces de graffiti, déjà bien visibles au début du XXe siècle, sont encore visibles. On observe, à plusieurs endroits, des bornes armoriées qui évoquent celle visible sur les anciennes cartes postales. Peut-être est-ce à cause de ces dégradations que l’ensemble a été mis en sécurité dans le parc de Meillant?

L’examen de cet étrange mobilier confirme l’impression qu’il donnait sur les anciennes cartes postales: la table dite des trois seigneurs est une œuvre récente. Ses proportions, très massives, n’évoquent en rien la période médiévale et encore moins la Renaissance. Nées d’une fantaisie contemporaine, les inscriptions soulignent l’imagination de leur commanditaire: sont en effet inscrit les mots « Meillant », « Montrond » et « Bruère ». S’il n’est pas contestable qu’il y a bien eu des seigneurs de Meillant, et encore, pas dans la période primitive du château, Montrond, forteresse située tout près de la première ville de Saint-Amand, n’a pas été une seigneurie avant la fin de la période médiévale. Quant à Bruère, ville fortifiée dépendant, comme Meillant et Montrond, à l’origine, de la seigneurie de Charenton, elle n’a jamais eu de seigneur propre.

Il est donc hautement probable que la Table des trois seigneurs soit l’héritage d’un passé récent, où l’on s’intéressait à la période médiévale sous ses aspects légendaires et monumentaux, et où la rigueur historique n’était le fait que de quelques savants précurseurs de nos propres recherches. L’époque romantique, qui a fait du Moyen-Âge l’un des terrains favoris de son imaginaire, me semble correspondre au temps qui favorisa la genèse de cette pierre à légende.

 

 

© Olivier Trotignon 2020

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 15:00

 

Il subsiste, dans la commune creusoise de Leyrat, un intéressant vestige du premier âge féodal. Visible partiellement de la route et surtout observable sur photos satellites, le site castral de la Motte-au-Groing fut, indubitablement, le lieu de résidence d’une des plus anciennes familles chevaleresques du Berry du Sud et du Nord-Est de la Marche.

Nous retrouvons des mentions de ses seigneurs depuis le dernier tiers du XIIIe siècle, période à laquelle un certain Pierre le Groing (Gront, ou lo Gron, dans la langue de l’époque) participa à la refondation du prieuré bénédictin de la Chapelaude, dans l’Allier. Ses descendants s’intéressèrent aussi au sort des abbayes cisterciennes de Bonlieu et des Pierres.

Un autre Pierre le Groing apparaît, bien plus tard, comme exécuteur testamentaire du Seigneur d’Huriel Louis de Brosse, tué à la bataille de Poitiers. Les le Groing portent alors les titres de chevalier ou seigneur. Au début du XVIe siècle, l’un d’eux est qualifié de vicomte.

Si cette famille est bien restée sur place pendant un demi-millénaire, il est évident que le centre de leur pouvoir a connu des modifications qui peuvent expliquer une certaine confusion sur l’interprétation des données archéologiques présentement accessibles.

Nous observons sur place une grande élévation circulaire encore en grande partie entourée de fossés en eau. Cette motte, qu’on peut qualifier de féodale (le terme de seigneur est attesté en 1249 et 1263) est d’une très faible hauteur, sans commune mesure avec les importants terrassements de celles de Saint-Désiré ou d’Epineuil-le-Fleuriel.

 

Au nord, le cadastre napoléonien révèle une deuxième enceinte fossoyée contigüe à la motte, également entourée d’eau, mais surtout beaucoup plus vaste.

Il me semble qu’on doit reconnaître là non pas une seconde motte (la forme singulier du toponyme : la Motte, ne plaide pas en faveur d’une construction gémellaire) mais plutôt d’une première basse-cour. 

 

 

L’examen du parcellaire existant permet de constater au Nord-Nord-Est des parcelles citées un ensemble de haies et de chemins formant un tracé vaguement circulaire ressemblant beaucoup aux restes d’une seconde basse-cour, beaucoup plus étendue.

 

 

Un schéma se dessine. A l’origine, existaient une motte servant de base à un château de bois, et une basse-cour. Cette a peut-être été arasée pour permettre de construire un donjon de pierre (cette évolution, dans la région, permet aux féodaux de se faire reconnaître comme seigneurs). Il est aussi possible que la vieille motte ait été conservée comme symbole de l’ancienneté du pouvoir de la famille le Groing, et que le château de pierre se soit construit dans l’espace, assez vaste, de la première basse-cour. Un autre château, plus dans le goût du temps, a pu venir remplacer la forteresse féodale à la Renaissance. Le linteau armorié serait un de ses restes.

Le temps a effacé les vestiges de pierre pour ne conserver que les fossés primitifs, utiles comme viviers ou pour faire boire les animaux.

Le site complet de la Motte-au-Groing mériterait une investigation archéologique pour rendre son passé plus lisible.

 

Le lecteur notera que la motte à laquelle est consacré ce billet est une propriété privée et que son approche est soumise au strict respect de la Loi.

 

© Olivier Trotignon 2020

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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 19:42

 

J'ai le plaisir de vous convier à assister à ma prochaine conférence:

 reliques, miracles et pèlerinages en Berry au Moyen-Âge

qui se tiendra à la salle des fêtes de Coust (18) le dimanche 18 octobre à partir de 17h, à l'initiative de l'association Coust, notre village, qui m'avait déjà invité à animer les Journées du Patrimoine en 2017 et 2019.

Cette conférence dépassera le cadre chronologique habituel de mes recherches pour s'intéresser à un pèlerinage populaire et à des cas de miracles autour du prieuré d'Orsan au XVIIe siècle, sous une forme inédite.

Je rappelle que, comme à chacune de mes animations, aucune connaissance en histoire médiévale ou moderne n'est requise, et que la présentation des situations historiques respectera strictement les règles de la laïcité.

L'entrée est libre et gratuite. Une corbeille sera mise à votre disposition à la sortie pour recueillir des dons destinés à la rénovation de l'église du village, qui progresse. Quelques détails pratiques: durée de mon intervention: environ 1h30; parking sur place; accès aménagé pour les personnes à mobilité réduite. Pour assurer la sécurité de tous, pensez à vous munir d'un masque. Les places seront espacées selon le protocole sanitaire en vigueur.

Merci à la municipalité de Coust et à son maire, m. Pascal Collin, pour son soutien et son aide logistique.

Au plaisir de vous rencontrer ou vous retrouver, enfin! le 18. N'hésitez pas à faire circuler l'information sur vos propres réseaux.

© Olivier Trotignon 2020

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Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
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