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9 novembre 2022 3 09 /11 /novembre /2022 18:36

 

Une dizaine d'années après le siège de la forteresse de Montrond, le prêtre et légat pontifical Jean Bigot arrive au prieuré fontevriste d'Orsan, en Berry, pour y enquêter sur une série de miracles attribués à une précieuse relique conservée par les moniales du lieu: le cœur embaumé du Bienheureux Robert d'Arbrissel, fondateur de l'abbaye et de l'ordre de Fontevraud. 

Conservé par les Archives départementales du Cher, son rapport nous éclaire sur une multitude d'aspects de la vie quotidienne et spirituelle des populations rurales du Berry du Sud.

 

L'exploitation de cette source presque inédite m'a permis de concevoir une conférence à laquelle j'ai le plaisir de vous convier le mercredi 23 novembre 2022, à partir de 20h, salle Galas du Lycée Jean Moulin, de Saint-Amand-Montrond. Je réponds ainsi à la très chaleureuse invitation de l'Amicale des Anciens du Lycée, qui m'avait déjà fait confiance il y a plusieurs années. Du début du XIIe siècle, en passant par les Guerres de religion jusqu'au règne du roi Soleil, seront abordés divers aspects de la vie quotidienne des Berrichons et Bourbonnais sous l'Ancien régime: actes de piété, pèlerinages ruraux, santé des populations et pratiques médicales...

L'entrée est libre, un grand parking est proche de la salle, l'accès aux personnes à mobilité réduite est assuré, vous êtes les bienvenu(e)s.

Pour mes lecteurs du nord du département de Cher, la même animation est programmée à l'automne 2023 à Henrichemont, je vous donnerai les détails dans plusieurs mois.

Au plaisir!

 

© Olivier Trotignon 2022

 

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15 octobre 2022 6 15 /10 /octobre /2022 09:51

 

Même si le thème de ma prochaine animation n'a que très peu de choses à voir avec le contenu de ce blog, je vous recommande de noter le dimanche 06 novembre comme date retenue pour une conférence (presque) inédite sur les religions en Gaule pré-romaine et romaine. Partant d'une belle fontaine employée par les Romains pour alimenter les thermes de l'ensemble cultuel de Drevant, l'idée de se pencher sur la spiritualité antique a lentement germé. A partir d'exemples choisis dans la littérature grecque et latine, d'observations archéologiques et d'objets de collections publiques, nous tenterons une approche des rapports que les Anciens entretenaient avec leurs dieux, jusqu'à l'arrivée du Christianisme.

Permettez moi d'insister sur un point: ma démarche est celle d'un historien, pas celle d'un marchand de rêves à des fins sectaires. Une conférence sur un sujet voisin avait attiré, il y a quelques années, l'attention de la mission parlementaire contre les sectes, qui avait détaché un observateur pour s'assurer de la transparence des intentions. Cette vigilance est louable.

Nous nous retrouverons donc le dimanche 06 novembre à la salle des fêtes de Coust (pour les détails, voir l'affiche ci-dessous). L'entrée est libre, la participation "au chapeau" est au bénéfice de l'entretien du patrimoine communal, la conférence commencera à l'heure dite et devrait, comme souvent, durer environ une heure trente.

Au plaisir de vous y retrouver ou rencontrer!

 

 

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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 19:13

 

J'aurai le plaisir de présenter une partie des résultats de mes recherches de Doctorat lors du colloque de Boussac, dimanche 9 octobre 2022, entre 14h30 et 15h. Deux autres dates de conférences seront annoncées avant la fin de l'année.

Au plaisir de vous y rencontrer ou retrouver.

 

O. Trotignon

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25 septembre 2022 7 25 /09 /septembre /2022 13:06

portail d'entrée de l'ancienne abbatiale (aujourd'hui disparue)

 

Arrêtons nous aujourd’hui à Charenton-du-Cher, ancienne ville au riche passé médiéval dans le sud du département du Cher. Outre les vestiges d’une motte féodale et de fortifications urbaines, la petite cité berrichonne est connue pour abriter un patrimoine urbain qui mérite l’attention des amateurs de bâti civil et religieux. Peu visibles car dispersés dans plusieurs propriétés publiques et privées se trouvent les derniers restes d’une intéressante abbaye féminine, affiliée à l’Ordre bénédictin, dont les origines, ou tout au moins les légendes qui s’y attachent, retiennent l’attention.

Il ne demeure des murs médiévaux de ce monastère que le portail d’entrée de l’abbatiale, quelques pierres du parement extérieur du chevet, et des parties du cloître insérées dans des constructions plus tardives. 

Cette abbaye est intéressante à plus d’un titre. Établie dans une région pauvre en établissements religieux, elle est, jusqu’à l’arrivée des Cisterciens et des Grandmontains, seule à accueillir dans son secteur géographique une communauté monastique autonome. Tout autour ne sont que des prieurés peuplés, et encore, seulement de façon saisonnière pour certains, par quelques moines. Le cloître le plus proche rassemblant des Bénédictines en milieu rural se trouve à une cinquantaine de kilomètres plus au sud, à Saint-Menoux (Allier).

Notre-Dame de Charenton, aussi connue sous le nom de « Bellavaux », est invisible dans la documentation écrite avant le milieu du XIIe siècle, le titre le plus ancien de son chartrier datant de 1189. Ceci n’a pas empêché certains auteurs d’élaborer des hypothèses sur ses origines, postulats qui méritent quelques explications.

parement extérieur (propriété privée)

 

Une origine colombaniste ?

L’abbaye colombaniste d’Isle-sur-Marmande est un (petit) serpent de mer qui ressurgit parfois dans mes lectures. Sa connaissance est basée sur une seule source hagiographique, et encore indirecte, faisant état de la fondation, par un disciple du moine irlandais saint Colomban, d’un monastère proche de la forêt de Tronçais. Le toponyme renvoie à l’ancien nom de la paroisse d’Île-sur-Marmande, réunie à celle de Bardais pour former l’actuelle commune d’Île-et-Bardais (voir un des tous premiers articles sur ce blog). La localisation, pourtant limpide, n’a pas empêché d’anciens amateurs d’histoire locale de situer cette abbaye à Charenton et à Saint-Amand-Montrond. Ces torsions de l’Histoire sont sans doute motivées par les tensions entre catholiques et laïcs à l’époque de la séparation de l’Église et de l’État. C’était une autre époque.

Si cette fameuse abbaye colombaniste a bien existé, ce qui n’est pas prouvé, remarquons qu’elle accueillait des moines, alors que Charenton est un couvent de femmes. La lecture du chartrier de l’abbaye nous indique que Charenton ne possédait que très peu de biens fonciers dans les alentours de Bardais, autre contradiction. Un dernier détail : le nom du pseudo-fondateur de l’abbaye « irlandaise », saint Eustase, est aussi celui d’un des premiers évêques de Bourges, source de possibles confusions à une période aussi peu documentée que le haut Moyen-âge.

Une origine mérovingienne ?

Cette thèse s’appuie sur des découvertes archéologiques (boucles de ceinture, dépôt monétaire) et sur la présence d’un sarcophage-reliquaire paléo-chrétien dont la première occurrence historique remonte à l’Ancien régime. Les objets trouvés dans le sous-sol charentonnais prouvent une activité humaine remontant, localement, à une époque très ancienne. Tenter de prouver l’ancienneté d’un monastère par la présence sur place d’un sarcophage importé d’Italie est une contorsion à laquelle je ne m’essaierais pas. 

vestige du cloître (propriété privée)

 

Une origine carolingienne ?

L’hypothèse est plus solide que la précédente. Charenton a été le siège d’une viguerie, et il arrive que des monastères aient été fondés sous la protection du pouvoir carolingien. Ce qui surprend est l’absence complète dans le chartrier d’actes antérieurs au XIIe siècle, même faux. Des abbés ou prieurs, pour compenser la perte d’actes très anciens, les ont parfois fait réécrire (les laïcs étaient incapables de voir la différence). Remarquons que dans une région aussi peu peuplée, l’existence d’une abbaye féminine a de quoi surprendre, les effectifs de moniales étant toujours très inférieurs à ceux des hommes.

Et, tout simplement, une origine féodale ?

Moins « exotique », mais beaucoup plus crédible, l’hypothèse d’une fondation datant des débuts de la féodalité s’inscrit dans un contexte régional cohérent. Depuis le XIe siècle, Charenton est devenu le fief d’une famille bourguignonne (voir les articles antérieurs consacrés aux Charenton) qui prospère sur les vestiges de l’ancienne viguerie. L’augmentation de la population, la structuration progressive de la société féodale, l’enrichissement des seigneurs locaux et les besoins spirituels d’un monde en constante évolution génèrent un élan de générosité en faveur du clergé tant séculier que régulier qui se matérialise par la construction d’églises et la dotation en biens et rentes de communautés religieuses. Seule, ou presque, à accueillir des femmes dans un vaste secteur géographique (seuls les monastères d’Orsan, Saint-Hippolyte, Saint-Menoux et bientôt Bussière ouvrent leurs portes aux femmes), Notre-Dame de Charenton trouve aisément sa place dans un paysage monumental, humain et spirituel dynamique que nous laissent entrevoir les archives de l’époque.

blason d'abbesse (propriété privée)

 

© Olivier Trotignon 2022

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29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 09:07

sceau de l'archevêque Guillaume (non coté)

Le mois dernier, nous nous penchions sur le cas de cette étrange pyramide qui a abrité, plusieurs siècles durant, dans la chapelle prieurale du prieuré fontevriste d'Orsan, la relique du cœur du bienheureux Robert d'Arbrissel. La description de cet ouvrage nous avait été faite, au XVIIe siècle, par un religieux de Fontevraud venu visiter le petit monastère berrichon. En plus des multiples détails relatifs au réaménagement du reliquaire monumental, ce prêtre livre des informations très intéressantes sur une des deux tombes visibles au sol de la chapelle, tout aussi anciennes que la pyramide.

La première, qui ne semble pas avoir été ouverte, était celle du chevalier Adalard Guillebaud, seigneur de Châteaumeillant, donateur de la terre où fut élevé Orsan. Cet homme, très présent dans les archives régionales, a tenu pour les seigneurs de Déols plusieurs places-fortes importantes, en particulier Saint-Chartier et Le Châtelet. Marié à la veuve d'un des seigneurs de Bourbon, il est connu pour avoir fait appel au roi Louis VI afin de protéger la succession du chevalier défunt contre les prétentions de son cadet, Aymon dit Vaire-Vache. La majorité des chroniqueurs qui ont écrit sur la fondation d'Orsan ne semblent pas s'être préoccupés de lire un minimum les chartes berrichonnes et ont recopié sans aucune lecture critique le nom d' « Alard », et non Adalard Guillebaud, comme donateur initial des terres sur lesquelles le bienheureux Robert établit la communauté de ses disciples. Mes recherches anthroponymiques n'ont trouvé aucune trace de ce prétendu Alard.

Usée par des siècles de piétinements sur le sol de la chapelle, l'épitaphe d'Adalard était certainement devenue presque illisible, raison pour laquelle le visiteur de Fontevraud commet aussi l'erreur dans son compte-rendu des travaux d'embellissement du cénotaphe de dom Robert. Il n'est fait aucune allusion à cette tombe dans le mémoire du religieux fontevriste, ce qui laisse entendre que nul n'a cherché à l'ouvrir ou la déplacer, ce qui n'est pas le cas de celle de son voisin, l'archevêque Léger, inhumé vers 1120.

Jugée « indécente », la -provisoirement- dernière demeure de l'ancien prélat berruyer ne correspond pas aux codes esthétiques dominants en cette année 1635. Ce qui choque le visiteur est sa simplicité et son absence d'ornements. Sur la pierre tombale ne sont visibles que ces quelques mots:

Leodegarii Bituricensis archiepiscopi beati Roberti familaris sepulchrum

presque effacés par le temps.

Décision est alors prise de relever la sépulture pour la replacer en l'exposant aux regards de manière plus favorable et de l'orner selon le goût du temps, plus porté sur le foisonnement baroque que sur l'humilité de l'époque des croisades. Faisant litière de la volonté de Léger de se faire inhumer dans une extrême simplicité -tombe au niveau du sol foulée au pieds par les fidèles, à l'imitation de celle de Robert d'Arbrissel dans la priorale de Fontevraud- le prêtre délégué pour visiter Orsan soustrait quelques ossements -on ignore la raison de ce geste- et retire les objets déposés dans le tombeau, à savoir:

-son anneau d'or garni d'une pierre,

-son cachet ou sceau de cuivre où il est gravé assis tenant d'une main sa crosse et de l'autre un livre et tout autour cette inscription sigillum Leodegarii primatiae Aquitaniae,

-sa crosse de bois avec un cercle d'or ciselé « fort artissement ». 

Ces ornements sont encore conservés par le prieuré au début du siècle suivant, mais ont disparu aujourd’hui.

On peut s’interroger sur les raisons qui ont poussé un personnage aussi important qu’un archevêque primat d’Aquitaine à choisir un modeste prieuré rural comme lieu de sépulture. Les sources contemporaines relatent un lien d’amitié très étroit entre Robert et Léger. Celui-ci aurait lui-même accompagné la dépouille embaumée du vieux moine jusqu’à Fontevraud.

Rappelons qu’un autre prélat berruyer, Richard, repose aussi dans un monastère hors les murs de Bourges : son gisant est visible dans la crypte de l’abbatiale de Plaimpied, dans le Cher.

 

 

© Olivier Trotignon 2022 

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10 juillet 2022 7 10 /07 /juillet /2022 08:40

 

Un de mes anciens maîtres avait coutume de dire qu’en Histoire, certaines choses n’étaient connues qu’au moment de leur disparition. C’est le cas d’un des plus étranges reliquaires qui a, plusieurs siècles durant, abrité le cœur du fondateur de l’abbaye et de l’ordre de Fontevraud.

Elevé dans la petite chapelle du prieuré d’Orsan, dans le sud du Berry, ce monument se présentait sous la forme d’une pyramide, cas vraisemblablement unique dans toute l’architecture romane de nos régions. Voici les sources dont nous disposons à son sujet.

Lors de l’hiver 1116, Robert d’Arbrissel vint mourir à Orsan, petit prieuré qu’il avait lui même fondé quelques années auparavant grâce à la générosité de la noblesse locale. Afin que sa dépouille puisse rejoindre Fontevraud en toute dignité, le moine fut embaumé dans les murs du monastère, avant d’accomplir son dernier voyage. Il fut décidé que son cœur resterait sur place, où il acquit le statut de relique.

Je me permets d’ouvrir une parenthèse pour remarquer que les nombreux biographes qui ont publié une foule de détails qui auraient marqué les derniers jours du Bienheureux Robert à Orsan n’ont jamais relevé la contradiction entre le luxe de précisions hagiographiques qu’ils exposent et leur ignorance totale de la cérémonie d’embaumement dont le corps du moine fut l’objet, ce qui rend à mes yeux plus que suspects les récits, fussent-il médiévaux, qu’ils rapportent.

La première mention de la pyramide qui nous parvient est un témoignage indirect. Un cultivateur rapporte le témoignage de feu son père qui avait vu, enfant, les protestants s’attaquer, en vain, à la dite pyramide, lors du saccage du prieuré en 1569.

Les seuls renseignements précis datent de 1646, alors que le prêtre fontevriste Jean Lardier, inspectant au nom de l’abbesse de Fontevraud la prieurale d’Orsan, décide de bouleverser l’aménagement de celle-ci. Jugeant « indécente » la position de la vieille pyramide par rapport au maître-autel, il ordonne son déplacement à un endroit plus propice et son ornementation selon le goût de l’époque, effaçant la sobriété médiévale sous des atours baroques. Il fait état de l’ouverture du reliquaire en 1634 et de la découverte d’une boite en bois, contenant elle-même une boite en ivoire « ciselée en façon de losanges » et enfin du cœur du bienheureux Robert. Au contact de l’air, tout tombe en poussière et les poudres sont recueillies précieusement et ensachées avant d’être replacées dans la structure pyramidale.

A quoi pouvait bien ressembler le cénotaphe de dom Robert ? La pyramide repose sur une base triangulaire -on parle de trois pierres. Sa hauteur doit être faible, car le Huguenot qui tente de la fracturer utilise une pièce de bois et agit seul (il est aussitôt frappé d’infirmité et abjure sa foi protestante pour retrouver l’usage de son bras). La niche contenant la relique semble de petite dimension. 

Qu’est ce qui a pu inspirer les religieux au moment de choisir la forme du reliquaire ? A ma connaissance, aucune autre pyramide à trois pans n’est signalée dans les pays du Centre, ni ailleurs. Quelqu’un, en pèlerinage à Rome, aurait-il vu le tombeau pyramidal de Cestius, réputé contenir les restes du fondateur de la ville, et suggéré la même disposition, à une échelle très réduite, pour accueillir les cendres du fondateur de Fontevraud ? C’est une hypothèse plaisante mais invérifiable.

L’étrange monument, comme le reste de la chapelle, disparut après qu’Orsan eut été vendu comme bien national. 

Je reste bien entendu à l’écoute de toute information sur des structures similaires, funéraires ou non, observées à l’époque romane. N’hésitez pas à m’en faire part, si l’occasion se présentait.

 

 

© Olivier Trotignon 2022

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1 juin 2022 3 01 /06 /juin /2022 15:42

C'est à une nouvelle conférence, inédite, que je vous convie aujourd'hui laquelle, pour une fois, n'évoquera que brièvement la période médiévale, pour aller explorer une époque qui ne m'est pas familière, le XVIIe siècle.

Partant d'un personnage d'une importance spirituelle considérable, Robert d'Arbrissel, décédé au début du XIIe siècle dans les murs du prieuré fontevriste d'Orsan, qui conserva son cœur embaumé pendant plusieurs siècles, nous découvrirons le récit d'une troublante série de miracles rapportés par les habitants, aussi bien nobles que clercs ou gens du peuple et attribués à la relique. De rares témoignages de dévotion populaire seront évoqués, de même que les tristes évènements qui ensanglantèrent et ruinèrent la région au moment des Guerres de religion.

Cette conférence est organisée par l'association des Amis du prieuré d'Allichamps, au profit de la restauration du monument. Exceptionnellement, un droit d'entrée sera demandé, de 6 €.

Le prieuré d'Allichamps est situé non loin de l'abbaye de Noirlac, et est accessible facilement à partir de la route Bruère-Allichamps - Châteauneuf-sur-Cher. Prévoyez de venir un peu à l'avance, pour trouver votre place sur les bas cotés de la route qui mène à l'édifice. L'accès pour les personnes à mobilité réduite est possible, mais rudimentaire.

J'insiste, si vous me le permettez, sur un point: cette conférence respectera scrupuleusement les règles de la laïcité. L'historien que je suis trouve dans les récits miraculeux rapportés par les contemporains une source d'informations d'une grande richesse, étudiée dans le strict respect de la conscience de chacun.

Au plaisir de vous y voir ou revoir,

© Olivier Trotignon 2022 pour le texte

© Amis du prieuré d'Allichamps pour l'affiche

 

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4 mai 2022 3 04 /05 /mai /2022 13:48

2020 et 2021 auront été pour vous comme pour moi une période d’annulations et de reports d’une multitude de dates de spectacles, de concerts et, bien sûr, de conférences. Mes rares partenaires qui ont eu le courage de prendre le risque de m’inviter et de voir leurs initiatives ruinées par une exigence sanitaire de dernière minute m’ont permis, et je les en remercie chaleureusement, de conserver un lien avec un auditoire toujours attentif et exigeant.

C’est avec un soulagement certain que nous voyons se dissiper les contraintes engendrées par la pandémie, et qu’il m’est possible de vous annoncer une première conférence, le 21 de ce mois de mai.

Répondant à l’invitation de la municipalité de Dun-sur-Auron, dans le Cher, j’aurai le plaisir de vous proposer une animation inédite que nous avons intitulée :

 

Dun-sur-Auron, une ville royale au temps des croisades

 

La ville de Dun est un paradoxe pour l’historien que je suis : riche d’un patrimoine médiéval dense et de grande qualité, elle a laissé peu de traces dans les archives régionales. A partir de diverses sources toponymiques, archéologiques, littéraires et surtout une lecture des archives de la monarchie capétienne, nous tenterons d’évaluer l’importance de cette cité hors-normes dans le Berry à l’époque des croisades.

 

Je vous donne donc rendez-vous le samedi 21 mai à partir de 18 heures (début de la conférence) jusque vers 19h30 à l’espace Boussard, à Dun-sur-Auron. L’entrée est libre et gratuite. Un parking à grande capacité est à votre disposition. La salle est accessible pour les personnes à mobilité réduite.

Aucune connaissance particulière en Histoire n’est requise, mais le sujet risque d’ennuyer rapidement le jeune public.

Même s’il encore trop tôt pour l’annoncer avec certitude, il est possible que soit exposée à cette occasion, à titre exceptionnel, l’original sur parchemin scellé par le roi Louis VII de la charte de franchises de Dun, document rare et d’une qualité remarquable conservé dans la cité depuis le XIIe siècle.

 

D’autres dates de conférences seront publiées très bientôt.

 

Au plaisir de faire votre rencontre ou de vous revoir,

 

 

© Olivier Trotignon 2022

 

 

 

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2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 09:26

 

Depuis quelques mois, la presse régionale a rapporté toutes les incertitudes qui entourent la possible réouverture à la visite de la forteresse médiévale de Culan, fermée depuis des années, et frappée d’un certain nombre de désordres du bâti qui pourraient conduire le site à la ruine. 

J’ai été contacté pour émettre un avis sur la façon dont pourrait être organisé le peut-être futur accueil des visiteurs. Après avoir visité la place-forte des combles aux caves, et m’appuyant sur les recherches menées depuis ma Maîtrise sur l’histoire de Culan -recherches non communicables en l’état, pour éviter le pillage intellectuel de mes résultats- j’ai proposé un projet d’aménagement des espaces ouverts au public respectant l’histoire du château et de ses environs, faisant litière des aspects légendaires auréolant le passé de l’endroit.

Je n’ai, à ce jour, reçu aucune réponse à mes propositions. Il me serait pénible que mon temps passé à rassembler les éléments appuyant mon argumentaire soit définitivement perdu et que mon texte réapparaisse plus tard sous une autre signature. Je porte donc à votre connaissance, pour information, mon avis d’historien sur un dossier qui attend encore, en ce début avril 2022, une heureuse conclusion.

 

 

 

"Bonjour monsieur XXXX

 

vous m’aviez, lors de notre visite, demandé mon avis sur des éléments susceptibles de permettre une réouverture du château de Culan à la visite, dans le cas où le Conseil départemental du Cher deviendrait propriétaire de cet ensemble.

Bien entendu, les réflexions qui suivent n’engagent que moi, et s’appuient sur mon expérience de médiéviste et conférencier indépendant n’ayant jamais été concerné par la moindre aide de la part d’organismes privés ou publics pour la menée de mes recherches. Ma parole est donc complètement libre.

 

L’histoire proprement dite de la forteresse n’est pas documentée. Seules l’archéologie et la castellologie peuvent permettre d’avancer des hypothèses sur les différentes phases de construction du château. Cette absence de données n’est pas propre à Culan. La plupart des bâtiments médiévaux de la région, militaires, civils ou religieux souffrent des mêmes lacunes documentaires.

Culan, en revanche, est un des rares sites fortifiés médiévaux régionaux a avoir été construit et possédé par une famille qui a laissé d’assez nombreuses traces dans les archives. La plupart des autres châteaux du Moyen-Âge local en état d’être visités n’ont pas cet avantage.

C’est, je pense, un point de départ possible pour réorganiser à partir de connaissances attestées, et non plus de postulats invérifiables, un circuit de visites dans le château.

Les Culan sont présents dans le paysage politique local depuis la fin du XIe siècle jusqu’à la Guerre de 100 ans. Au long de ces plus de trois siècles, nous les voyons doter les abbayes et prieurés locaux, participer à une croisade, à une chevauchée, affranchir Vesdun, battre monnaie, être impliqués dans différents conflits locaux et nationaux et, enfin, participer à la libération d’Orléans.

Il me paraît possible, avec un budget raisonnable, d’organiser à l’intérieur des espaces secs (hors caves) une formule de panneaux d’exposition garnis de textes et de photographies illustrant les diverses activités auxquelles les Culan ont pris part, avec des fac-simile de chartes et sceaux, des maquettes de la forteresse à divers stades de son évolution. L’ensemble gagnerait à être complété par des tenues militaires propres à chaque grande période, de facture moderne, qui garantiraient l’intérêt du public pour des armements souvent méconnus, avec lesquels le bric-à-brac actuellement visible dans les pièces du château n’a qu’un rapport lointain.

N’ayant pas poussé mes recherches au-delà de la fin de la période médiévale, je ne dispose que de très peu de données sur la période allant de la Renaissance à la Révolution, mais il y a très certainement des moments forts, comme la Fronde, à illustrer selon le même principe.

Un tel choix permettrait de fournir au personnel en charge des visites une trame narrative facile à suivre. Cela donnerait à Culan un statut original dans une région où la période médiévale est peu valorisée, hors quelques sites religieux. Un trait d’union est possible avec Noirlac, dotée par les Culan. Des panneaux et des équipements légers (proches de ce que les Archives départementales produisent lors de leurs expositions temporaires, de grande qualité) pourraient être facilement déplacés pour libérer des salles pour des manifestations ponctuelles.

Avec un minimum d’équipements (chaises, vidéo-projecteur, sonorisation ponctuelle), l’intérieur du bâtiment a la capacité d’accueillir des conférences, débats et colloques dans un cadre plus attractif que les ordinaires salles des fêtes souvent retenues pour ce type de prestation.

La cour du château me paraît assez vaste pour accueillir certaines troupes de reconstitution médiévale offrant des prestations de qualité. Culan pourrait se distinguer par des animations estivales offrant au public une vision du passé sans les stéréotypes racoleurs habituels des fêtes dites médiévales.

Dans une perspective plus étendue que le simple cadre de la forteresse, Culan peut offrir au public un point de départ pour des itinéraires culturels dans la moitié Sud du département ouvrant sur les musées, le patrimoine historique et pourquoi pas naturel de la région, favorisant l’économie locale et l’attractivité d’un territoire intermédiaire entre Berry, Auvergne et Limousin."

 

 

© Olivier Trotignon 2022

 

 

 

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22 mars 2022 2 22 /03 /mars /2022 09:02

Préparant une future conférence sur le passé de la ville de Dun-sur-Auron à l’époque des Croisades, j’ai voulu évaluer l’importance de sa charte de franchises par comparaison avec les autres textes de même nature connus en Berry pour la période médiévale. Je dois avouer avoir été surpris par l’importance du phénomène des franchises dans le diocèse de Bourges. La chronologie qui suit, pourtant imposante, n’est peut-être pas complète. Certaines communautés urbaines ou villageoises ont bénéficié de chartes complètes, d’autres se sont vu accorder des privilèges partiels. Souverains, grands et petits seigneurs, archevêques de Bourges ont concédé, essentiellement aux XIIe et XIIIe siècles, à une partie de leurs populations, des droits destinés à fixer paysans, artisans et marchands dans des terroirs parfois peuplés de longue date, mais aussi en attirer d’autres dans des villes nouvelles au cœur des grands défrichements ou le long des grands chemins.

Beaucoup de ces textes ne sont connus que par des allusions tardives, ou des confirmations de droits par les successeurs du signataire originel. Il existe des copies anciennes très fidèles et même quelques originaux sur parchemin, comme la Grande Charte de La Châtre ou la charte royale de Dun, encore scellée du sceau du roi Louis VII, qui sera peut-être exposée à l’occasion de mon animation dans cette ville.

Toutes les villes franches n’ont pas eu le même destin. Au moins une d’entre-elles, Boisroux, dans les environs de Lignières, n’existe plus que sous forme d’un pré entouré de fossés, sans qu’on sache vraiment quand, comment et pourquoi ses habitants l’ont désertée.

La liste qui suit rassemble des lieux situés dans plusieurs départements (Cher, Indre, Allier, Creuse et Loir-et-Cher). Un classement chronologique m’a semblé plus pertinent qu’une liste de toponymes par département. Une bibliographie sommaire permettra au lecteur de retrouver des informations sur telle ou telle franchise, et plus particulièrement les ouvrages de René Gandilhon : Catalogue des chartes de franchises du Berry et Maurice Prou : Les coutumes de Lorris et leur propagation aux XIIe et XIIIe siècles.

1136 - Villefranche en Bourbonnais 

1150 - Monterie 

1151 - Limoise 

vers 1164 - Issoudun

1175 – Dun et Bourges

1177 - Preuilly 

1178 - Beaulieu – Santranges 

1186 - La Perche

1189 - Saint-Amand

1190 - Issoudun – Barlieu – Sancerre 

1194 - Charôst 

1199 - L’Etang-le-Comte 

1202 - Sancoins – Saint-Germain-des-Bois

1203 - Le Châtelet 

1209 - Mehun-sur-Yèvre – Lineroles – Belle-Faye

1210 - Saint-Brisson 

1212 – La Chapelle d’Angilon

1213 - Lury

1215 – Cluis

1216 – Selles-sur-Cher

1217 – La Châtre

1218 – Cluis et Aigurande – peut-être Eguzon

1219 - Mehun-sur-Yèvre

1220 – Châteaumeillant

1222 – Déols 

1226 - Boisroux – Charenton

1227 – Ids-Saint-Roch

1228 – Châteauroux

1234 – Saint-Laurent (sur-Barangeon)

1236 – Orsennes

1239 – Bouesse

1241 – Menetréol-sous-Sancerre

1246 – Graçay

1247 - Boussac

vers 1248 – Vierzon

1249 – La Chapelaude

1251 – Saint-Chartier

1257 – Bengy

1258 – Châteauneuf-sur-Cher

1260 - La Peyrouse

1265 – Vouillon et Vesdun

1268 – Lignières et Saint-Hilaire

1269 - Menetou-sur-Cher

1270 – Culan – Le Pondy

1276 – La Pérouse

1278 - Gournay et Buxières-d’Aillac

1279 – Saint-Palais

1281 – Le Pin et Gargilesse

1290 – Saint-Marcel

1301 - les Aix-d’Angilon

1315 – Saint-Gildas

1318 – Saint-Benoît-du-Sault

1391 – Prély

1427 – Boussac

1468 – Neuvy-sur-Barangeon

1536 - La Berthenoux

 

 

 

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Présentation

  • : Moyen-âge en Berry
  • : Rédigé et illustré par un chercheur en histoire médiévale, ce blog a pour ambition de mieux faire connaître l'histoire et le patrimoine médiéval du Berry, dans le centre de la France.
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Conférences

conférence

 

Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
- l'Ordre cistercien en Berry;
- les ordres religieux en Berry au M.A.;
- la femme en Berry au M.A.;
- politique et féodalité en Berry;
- le fait religieux en Berry de la conquête romaine au paleo-christianisme...
- maisons-closes et la prostitution en Berry avant 1946 (animation réservée à un public majeur).
Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
Berrymedieval#yahoo.fr  (# = @  / pour éviter les spams)
Merci de diffuser cette information à vos contacts!

Histoire locale

Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

L'âne du Berry


Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

Histoire et cartes postales anciennes

paysan-ruthène

 

Cartes postales, photos anciennes ou plus modernes pour illustrer l'Histoire des terroirs:

 

Cartes postales et Histoire

NON aux éoliennes géantes

Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon.
Argumentaire à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon: non à l'éolien industriel 

contacts avec l'auteur


J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.